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mercredi, janvier 27, 2021
DDH et JournalistePolitique

MBOBERO :  Un crime contre l’humanité oublié

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« Le Mushi est attaché à sa terre natale ». C’est en tout cas ce qui motive les habitants de la colline de Mboboro dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu à exiger leur concession. Leurs terres ont été expropriées par l’ancien président de la république Joseph Kabila. Actuellement, ces habitants dont certains de leurs enfants ont accompagné Laurent Désiré Kabila dans le Maquis, vivent dans une misère indescriptible.

Selon Josiane M’Bagalwa, une dame qui a vu tout perdre demande au président Félix Tshisekedi de penser aux victimes de Mbobero. Pour elle, les mamans souffrent avec leurs enfants.

« J’ai tout perdu. Actuellement nous sommes devenues des mendiants. C’est vraiment difficile de tout perdre », précise M’Bagalwa en sanglotant.

Juste à côté de cette dame, une jeune fille de 15 ans ayant perdue ses parents veut voir cette question se terminer et reprendre les champs de ses parents pour nourrir ses petits-frères.

« Mes parents sont tous morts. Je dois m’occuper de mes petits frères. Nous n’avons plus de champs, pas de maison. Nous n’allons pas à l’école.  Nous voulons les biens de nos parents », nous raconte-t-elle larme aux yeux.

Mbobero, un crime contre l’humanité ?

Face à ces difficultés que subissent plus de 3 mille personnes, la nouvelle dynamique de la société civile NDSCI, a organisé une rencontre avec ces victimes le samedi 29 février 2020 dans la salle polyvalente de la paroisse de Mbobero.

Présent à cette recnontre, le député national Alfred Maisha a promis d’intéresser d’autres élus nationaux pour que les habitants de Mbobero rentrent dans leurs droits.  Il invite ces victimes de continuer la lutte dans l’unité et la sérénité.

« Nous avons rassuré le peuple de Mbobero que nous parlerons aux institutions de l’Etat malgré leur composition politique de s’occuper de ce dossier.

Et d’ajouter :

« Nous pouvons y parvenir aussi en envisageant des actions citoyennes et pourquoi pas judiciaires et politique, pour informer au monde entier qu’à Mbobero s’est passé une calamité malheureusement provoquée par les autorités elles-mêmes ».

Pour cet élu de Bukavu, ça serait injuste de fermer l’œil sur ce qui se passe à Mbobero.

« Ça serait injuste de ne pas agir.  Le peuple aurait voulu une réaction maintenant mais est-il que ça exige une certaine procédure, motif pour lequel nous en avons appelé à notre population à réclamer avec sérénité. Nous sommes disposé à l’accompagner peu importe le risque que nous allons courir », rassure Alfred Maisha député national de l’Union pour la nation Congolaise, UNC.

Il regrette de voir qu’au 21ème siècle des populations soient réfugiées dans leur propre pays. Pour lui, le monde doit savoir qu’il y a eu un crime contre l’humanité à Mbobero.

Où sont les élus de Kabare ?

Les participants à ces assises ont rejeté en bloc les accords de Kaningu, et exigent une délimitation immédiate du village de Mbobero pour être fixé sur la réelle conception de Joseph Kabila et demande que justice soit faite sur toute forme de crime commis en Mbobero.

Ces habitants regrettent de voir que le Mwami Kabare, le nouveau gouverneur du Sud-Kivu et d’autres leaders de Kabare ferment leurs yeux face à tout ce qu’ils endurent depuis des années.

« Où sont les députés de Kabare ? Où est notre Mwami ? Merci à Kijana et à Maisha pour leur humanisme et accompagnement. Nous sommes prêts à mourir pour nos terres », rassure un jeune la trentaine.

Pour rappel, au moins 317 maisons ont été détruites mais aussi un hôpital le seul à faire de la chirurgie cérébrale ainsi que des écoles et des églises. Pourtant, la plupart de ces familles vivaient dans ce village depuis plus de 50 ans.

  • Mushi : peuple qui habite les territoires de Kabare et Walungu au Sud-Kivu.

Patrick Babwine