+243 859 360 592 info@deboutrdc.net
dimanche, janvier 24, 2021
DDH et JournalistePolitique

Sud-Kivu : Port des masques, un « cop » pour certains policiers

7views

Depuis l’annonce de port obligatoire des masques par le gouverneur de province on observe des violations graves des droits de l’homme par certains policiers. Toute personne rencontrée sans masque est gardée au cachot et sommée de payer une somme qui varie entre 10 Mille (environ 5 dollars à 200 Mille francs Congolais (114 dollars). Une pratique illégale. Plusieurs personnes ont été victimes de ces bévues dont une femme enceinte. De la ville de Bukavu en passant par Nyabibwe à Kalehe, c’est la même pratique.

Au poste de la police installé au marché central de Kadutu dans la ville de Bukavu, les éléments de l’ordre en font une loi et se porte garants du désordre. Dans le territoire de Kalehe au poste de la police basée à Nyabibwe, les gens font plus de 2 jours en détention et la libération est conditionnée d’une amande de 100 000 FC sans quittance.

Les témoignages collectés par le journal Deboutrdc.net démontrent combien cette mesure mise en vigueur en date du 13 Avril dans la province du Sud-Kivu est devenue une campagne d’enrichissement des policiers au détriment de la population.

Au marché de Kadutu, nous avons rencontrés une femme témoins des bavures des policiers dans ce marché. Pour elle, c’est triste le comportement des policiers.

« Hier ils ont pris mes clients. L’un mettait son cache-nez au coup et une femme musulmane en julbabe couvrait son visage. Ils les ont amenés dans un coin, où ils ont payé 10 000 FC chacun. Quelques minutes plus tard, ils les ont libérés,’’ témoigne madame Chikwanine, vendeuse des ustensiles de cuisine.

Voulant interroger un jeune homme qui a récemment connu la même tracasserie, il a attiré notre attention. Dernière le reporter qui voulait l’interroger se passait à chaud un événement du même genre. Il s’agissait d’une femme sans masque entourée des trois policiers et qui subissait déjà une pression.

‘’Regardelà, journaliste ! Voilà des policiers qui intimident celle-là. Et ce comme ça toute la journée dans tous les coins du marché. Ils nous traumatisent ces policiers. Les cache-nez pour nous est une source des menaces dans ce marché,’’ relate le jeune plombier Chance Kajira.

Malgré l’angoisse qu’on pouvait lire sur son visage, nous nous sommes courageusement approchés de cette femme qui va expliquer la façon dont elle a été maltraitée malgré sa grossesse.

’Mon fils regarde, je suis enceinte. J’ai besoin de l’air. Dans cet état je ne peux pas supporter le cache-nez à tout moment. Je n’avais que 7 000 FC pour chercher à manger pour ma famille. Les policiers m’ont arrêté. Ils m’ont dit de choisir entre la paie d’une amande avec le peu que j’ai sur moi, soit entrer en prison. Mon fils, j’ai pleuré, j’ai demandé toutes les excuses du monde mais personne n’a eu pitié de moi. J’ai payé 5 000FC. Ici je ne reste qu’avec 2 000 FC qui ne peut rien acheter », se plaint la femme enceinte larmes aux yeux.

Aux arrêts depuis 10 heures jusqu’à 17h00, Mirindi Kahundu est un homme rencontré au cachot de la PNC marché de Kadutu. Transporteur de haricots au marché central de Kadutu, Mirindi est père des 10 enfants, il vient de Kabare à une distance de plus ou moins 15 Kilomètres du marché à la recherche du pain quotidien pour sa famille.

« C’est du jamais vu depuis ma naissance, on dirait une guerre contre nous-mêmes. Ces policiers cherchent plutôt l’argent. Si je ne transporte pas, je ne peux pas manger. Ayant mon premier sac (100kg d’haricots) sur la tête, j’ai baissé mon cache-nez au menton pour respirer, et soudain les policiers m’ont récupéré jusqu’au cachot. C’est horrible. Ce cachot était plein dès le matin. Nous étions plus d’une vingtaine. Certains ont payés des amandes de 20 USD, 20 000 et 15 000 Francs Congolais, ça dépend. Moi ce sont mes clients qui ont cotisé pour venir me libérer moyennant l’argent, ’’ précise la victime Mirindi.

Nous avons mainte fois tentés de contacter le numéro un de la Police nationale congolaise, PNC, sans succès.

Nos sources proches du Général ont reconnu cette illégalité parce qu’il n’y a aucune base légale précisant qu’il faut mettre au cachot et faire payer des amandes aux personnes sans masques aux Policiers.

‘’Bien qu’une mesure contraignante, nous n’avons pas autorisé aucune forme de procédure, amande transactionnelle ni caution à ceux qui n’ont pas des masques. D’ailleurs ils ne doivent pas le mettre au cachot. Ce que font ces policiers c’est à l’insu du commissariat provincial. C’est vous qui venez de nous informer. D’ailleurs, toutes personne tracassée par les éléments de la police dans ce sens peut passer donner rapport », fait savoir une source anonyme rencontrée à labotte au commissariat provincial.  

Amisi Musada Emérite