+243 859 360 592 info@deboutrdc.net
mardi, mars 2, 2021
DDH et JournalistePolitique

SUD-KIVU: La gestion du groupement de Miti qui échappe au gouvernement provincial

39views

C’est depuis plus de trois mois que les conflits sont rapportés au sujet de la gestion du groupement de Miti dans le territoire de Kabare dans la province du Sud-Kivu. En effet, il s’agit d’un conflit à mille et une ramifications qui a conduit à une division entre habitants et une quasi in gouvernabilité de ladite entité.

C’est ce qui a poussé certains habitants à initier une pétition contre le chef de groupement Chirimwami Kwigomba dit Mambé. 

Les signataires évoquent plusieurs griefs pour étoffer la pétition. Chirimwami Kwigomba est notamment accusé d’être à l’origine de l’insécurité persistante, les menaces de mort à l’endroit certains de ses administrés et défenseurs de droits humains, l’entretien des conflits entre habitants et les membres de sa famille, détournement des deniers publics, etc.

« En effet, depuis son accession à la tête du groupement de Miti, la population dudit groupement a connu un déséquilibre et vit dans une incertitude totale suite aux comportements indignes caractérisés par le manque d’amour à ses sujets. Suite à cela, il s’est transformé en un mercenaire, »peut-on lire dans une pétition du collège des défenseurs des droits humains et une partie de la population du groupement de Miti.

Kwigomba est également reproché d’être l’instigateur des arrestations arbitraires de défenseurs de droits humains et autres acteurs de la société civile signataires et/ou auteurs de ladite pétition. Le cas le plus frappant est de Cikuru Charly, un défenseur de droit de l’homme du groupement de Miti.

L’organisation de défense des droits humains Partenariat pour la Protection Intégrée PPI en sigle a même alerté à ce sujet.

« D’après les informations parvenues à PPI, ce défenseur des droits humains a été arrêté par les éléments du Colonel Mongali et détenu au cachot de la police district du Lac-Kivu à Kavumu sur ordre du chef de Groupement de Miti, Monsieur Mambe. Il est reproché à ce DDH d’avoir apposé sa signature à une pétition en circulation visant la destitution dudit chef de groupement pour certains griefs parmi lesquels la mauvaise gestion et le détournement, » peut-on lire dans un communiqué de presse de l’ONGDH Partenariat pour la promotion intégrée.

Face à ces accusations, les autorités serraient saisies de la situation et certains habitants les accusent d’être de mèche et d’avoir reçu la corruption de la part du chef de groupement Cirimwami Kwingmba.

Parmi les autorités saisies, le Ministre Lwabandji Lwasi Ngabo en charge de la sécurité et affaires coutumières au Sud-Kivu aurait reçu une somme d’au moins 500 dollars américains pour taire le dossier. Contacté, ce dernier promet de donner des explications prochainement.

Egalement accusé d’avoir reçu une somme de plus de 500 dollars américains pour soutenir le chef de groupement mis en cause, le chef de la chefferie de Kabare reste évasif.

Dans une correspondance relative à une pétition contre chef de groupement de Miti lui adressée, le Mwami Kabare Rugemanizi II dit être saisie de la situation. Ce dernier invite les défenseurs de droits humains et la population à l’apaisement en attendant la fin de l’Etat d’urgence.

Sans réserver copie aux signataires, Rugemaninzi II répond en ces termes « … tenant compte de faits vous reprochés, il se dégage une  extrême nécessité d’organiser une assemblée générale. Cependant, compte tenu de la situation de la pandémie à coronavirus et l’obligation pour nous de respecter les mesures édictées par les autorités tant nationales que provinciale, j’invite les défenseurs de droits humains et la population au calme et à l’apaisement tout en les rassurant que les investigations vont être menés pour établir la véracité de faits vous imputés en attendant une assemblée générale, » peut-on lire dans cette correspondance

Entre temps, la sécurité reste menacée à Miti et la famille de celui qui se prétend chef de groupement légitime est en sit-in depuis trois jours dans le centre commercial de Miti pour demander à être rétablie dans ses droits.

× Contactez l'équipe de deboutrdc.net