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Politique

RDC : Patient Bashombe et ces intérêts qui font couler la société civile du Sud-Kivu (Animateurs)

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À couteaux tirés, les animateurs des structures de la société civile du Sud-Kivu vivent la scène du chat et chien. La bataille est bien silencieuse mais sérieuse. Le désordre dans la gestion du Cadre de Concertation Provincial de la Société Civile serait la genèse des mésententes.

Me Patient Bashombe, actuel président du Cadre de Concertation Nationale de la société civile en RDC serait l’acteur principal de la tragédie. Dans la province, le cadre de concertation est quasi inexistant après ce que les animateurs qualifient d’ « insupportables magouilles ». Entre autres magouilles, ces acteurs citent le remplacement des élections par des nominations « non méritées ».

Indignés de la gestion du Cadre, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile NDSCI et le Bureau de coordination de la société civile se sont déjà retirés pour le même motif.

Du 15 au 17 février 2018, il s’est ténu la toute première assemblée générale du cadre de concertation provincial de la société civile du Sud-Kivu à Bukavu. A ce niveau, le cadre était mis sur pied sur base du consensus. Les postes étaient alors répartis selon les structures membres.  La présidence a été donnée au bureau de coordination de la société civile, la première vice-présidence à la Nouvelle Dynamique de la société civile NDSCI, la deuxième vice-présidence était occupée par la Nouvelle Société civile du Congo et le poste de troisième vice-président à la Fédération de la société civile du Congo.

Avec l’ascension de Patient Bashombe au niveau du Cadre de concertation national de la société civile, il fallait des aménagements afin de permettre au cadre provincial de poursuivre le travail. Il fallait y laisser des animateurs.

A sa première arrivée (comme un acteur politique) dans la ville de Bukavu comme Président du cadre national, Patient Bashombe a placé des personnes pour assurer son intérim autant au bureau de coordination qu’au Cadre provincial. Si la gestion du bureau a été confiée à Marie Migani, le cadre provincial a plutôt été laissé à Me Zozo Sakali, actuel président du bureau urbain de Bukavu.

La présence de ce dernier à la tête du Cadre n’a pas été bien accueillie. Plusieurs acteurs ont dénoncé le fait que c’est un membre effectif du bureau provincial qui devait occuper la présidence du Cadre et non un président urbain. Qualifié de très proche à Me Patient Bashombe, nombreux croient que Zozo Sakali a été placé sur base des liens d’amitié ne tenant compte d’aucune règle de compétence. C’est qui pousse plusieurs acteurs a taxer Bashombe de gérer la société civile comme sa propre poche.

’la situation actuelle n’est qu’une cacophonie entretenue par Patient Bashombe pour placer ses poulains. Il a fait de la société civile un club d’amis qui a perdu son originalité et s’est écarté de sa mission principale. Patient Bashombe veut considérer le cadre de concertation comme son organisation personnelle. Il pense qu’il peut nommer et révoquer comme il veut alors que ce sont les structures faîtières qui se concertent et proposent des actions à mener. Et donc, après son départ, c’est un des membres du Bureau de Coordination qui devrait toujours le remplacer et non un membre du Noyau urbain. Le Bureau de coordination s’est retiré du cadre de concertation et n’y a pas de débat, ce n’est qu’un club d’amis,’’ se plaint, sous le sceau de l’anonymat, l’un des 9 actuels animateurs du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu.

Sur quatre structures qui formaient le cadre provincial, deux se sont retirées et l’une des deux restantes menace de se retirer aussi. Aurons-nous un cadre de concertation d’une seule organisation à la place de quatre ?

En réponse, le Président provincial de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile Nicolas Lubala parle de l’inexistence pure et simple du Cadre de concertation de la société civile dans la province du Sud-Kivu.

« Même l’actuel président national qui a été premièrement élu au niveau provincial n’a pas compétence de  nommer un président du cadre de concertation en province. Le président du cadre doit être élu d’une manière consensuelle par ses pairs. Ce qui est clair, le cadre n’existe pas au niveau provincial maintenant que je vous parle. Dès lors que le bureau de coordination s’est retiré, aucun de ses membres ne peut plus faire part du cadre de concertation. La NDSCI s’est aussi retiré et ensuite la fédération de la société civile n’y est presque plus. A ce titre là, la nouvelle société civile, seule structure qui en reste membre, ne peut pas constituer un cadre. Le vrai problème est que les membres du cadre ne devraient pas être nommés mais plutôt élus. Cette nomination ne peut pas produire ses effets parce que c’est en violation de la charte qui régit les sociétés civiles en RDC,’’ déclare Nicolas Lubala.

La présidente à d’intérim du Bureau de coordination provincial de la société civile n’a pas voulu au départ s’exprimer à  nôtre micro alors qu’elle a signé, en date du 07 Avril, la lettre d’exclusion de sa structure au cadre de concertation.

‘’le bureau de coordination est composé de 10 Membres bien qu’aujourdhui nous restons à 9. Un poste qui revient au bureau mais on a ignoré tous ces neuf membres pour aller nommer quelqu’un qui ne fait pas partie de ces 10 membres du bureau ! Encore un représentant du bureau urbain ? Analysez aussi journaliste. Je ne veux pas trop en parler. J’insiste seulement encore en précisant que le Bureau de coordination, ce n’est pas moi Marie Migani parce que je n’ai pas envie de ce poste, comprend actuellement 9 membre,’’ explique Marie Migani.

Dans le souci d’en savoir plus, nous avons contacté le plus cité, Maître Patient Bashombe     (président national du cadre de concertation de la société civile en République Démocratique du Congo) qui n’a pas voulu s’exprimer quant à ceux.

Joint au téléphone par la rédaction de deboutrdc, il n’a fait que raccroché après lui avoir exposé le contexte du sujet. Dans sa réplique en quelques mots, il bien signalé ‘’ Je ne comprend pas bien ce que vous dites, je n’en connais rien,’’ avons-nous retenu avant qu’il ne coupe l’appel.

De son côté Zozo Sakali, le président du cadre de concertation contesté au Sud-Kivu, estime que tout va bien et le cadre de concertation tient toujours ses réunions comme d’habitude.

« Nooon ! », réagit-il  avant de poursuivre « Ecoutez ; toutes ces agitations c’est à cause des élections qui doivent avoir lieu. Mais aussi, je ne peux pas refuser à quelqu’un de se désaffilier. C’est social. Je ne peux pas non plus réagir à quoique ce soit. A mon niveau, d’ailleurs pourquoi réagir ? Je m’abstiens de tout détail… ‘’.

Le cadre de Concertation est un espace de rapprochement des structures faîtières en vue de faciliter les échanges d’informations entre acteurs de la société civile et institutions de la République à tous les niveaux. A travers ce cadre, les structures faitières partagent la vision, la mission et les programmes sur la politique nationale de développement en RDC et nouent des alliances stratégiques au regard des objectifs nationaux, régionaux et internationaux à atteindre.

D’après des sources concordantes, deboutrdc.net apprend qu’en toile de fonds, un financement qui s’élèverait à plusieurs milliers de dollars échelonné sur trois ans octroyé par l’organisation internationale USAID serait le nœud du problème.

Alors que Me Patient Bashombe veut garder un œil sur ces fonds à travers ses acolytes à la tête du Cadre provincial de concertation de la société civile, d’autres structures membres veulent y voir clair en sonnant glas.

Amisi Musada Emérite