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MONUSCO_Photo tiers
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Consolidation de la paix

Manifestations anti-MONUSCO : 3 hommages, 5 hontes et 3 pensées (Editorial)

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Depuis le 25 juillet 2022, les manifestations anti-MONUSCO sont organisées à l’Est de la RDC. Les manifestants s’insurgent contre l’inaction et l’impuissance de la plus grande mission onusienne au monde face aux guerres récurrentes ayant fait des millions de morts dans cette partie de la RDC.

La situation

En République Démocratique du Congo,  à cause de l’insécurité grandissante dans sa partie Est depuis plusieurs années, nombreuses manifestations demandant le départ de la mission onusienne en RDC (MONUSCO) sont en train d’avoir lieu. Elles deviennent de plus en plus grandes en cette période où les rebelles dits du M23 occupent depuis le 13 juin 2022 la ville de Bunagana, une partie du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, à la frontière entre la RDC et l’Uganda, d’une part, et au lendemain d’un discours confusionniste selon lequel les représentants de la MONUSCO seraient passés aux aveux d’impuissance devant le M23, d’autre part.

Un fort tollé a alors eu lieu. De son côté, le Président du Sénat congolais, le prof Modeste Bahati Lukwebo, n’a pas mâché ses mots. Le 17 juillet 2022, lors de sa visité à Bukavu dans le Kivu, il a invité la population à l’autodéfense et à l’auto prise en charge, soulignant, lui aussi, l’inefficacité de la mission de l’ONU présente en RD Congo il y a 22 ans.

Depuis le lundi 25 juillet 2022, à Goma, à Butembo à Uvira,… dans l’Est du pays, ces manifestations se sont soldées par de cas de décès aussi bien dans le camp de la population manifestant que dans celui de la MONUSCO. Une situation autant internationalement honteuse que sensible. Face à elle, certains manifestent quand même, d’autres se résignent et d’autres encore ne peuvent que fondre intérieurement et impuissamment.

Ce lundi 1er août 2022, la rédaction de votre média a fait le constat de cette situation. Dans ses analyses, elle note 3 hommages à exprimer, 5 hontes à proférer et 3 pensées à avoir :

Hommages

  • Hommage à tous les congolais tombés dans leur lutte et conviction demandant le départ de la MONUSCO ;
  • Hommage à tous les casques bleus innocents tombés pendant les manifestations « anti-MONUSCO »;
  • Hommage à tous ceux qui travaillent, écrivent et/ou parlent de cette situation pour que la paix définitive revienne dans l’Est de la RDC.

Hontes

  • Honte à toutes les organisations qui voudraient s’exprimer sur la question du départ de la MONUSCO mais obligées de se retenir au nom du partenariat ;
  • Honte aux officiels congolais qui voient le mal mais qui, au nom de la diplomatie, acceptent de garder silence et « positiver » la situation malgré la vérité troublante au fond de leurs esprits ;
  • Honte à tous ceux qui désinforment sur cette situation ;
  • Honte aux autorités qui annoncent des enquêtes et des punitions sévères mais qui ne parviennent pas à prévenir ce qui pouvait l’être ;
  • Honte à la politique et à la diplomatie internationales et nationales pour n’avoir pas réussi à ramener la paix dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

Pensées

  • Pensée à tous les employés qui, par patriotisme, voudraient s’exprimer mais contraints par l’employeur de garder silence ;
  • Pensée à tous ceux qui dressent un bilan selon lequel les casquent bleus ont tué plus de civils que de rebelles en RDC ;
  • Pensée à tous ceux qui se demandent comment est-ce possible que les soldats de la paix tuent la population civile.

Rappelons que la mission onusienne en RD Congo a été créée le 30 novembre 1999 par la résolution 1279 du conseil de sécurité des NU. Avec un budget annuel d’environ 1,5 milliards  de dollars américains, sa mission principale est la stabilisation et le retour de la paix en RD Congo en mettant un accent particulier sur la protection des civils congolais.

Lire aussi: RDC : La MONUSCO doit partir qu’en dit le droit international ? (Prof Cifende)

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