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SUD-KIVU : Deux jeunes pétitionnaires aux arrêts, PPI désapprouve toute audience en flagrance envisagée

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L’organisation de défense des droits humains Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI) condamne la procédure en flagrance envisagée en date du mercredi 05 janvier 2022, par le parquet près le tribunal de grande instance de Bukavu afin de juger Augustin Ntayitunda et Alfani Bawili, deux jeunes pétitionnaires arrêtés depuis le dimanche 2 janvier 2022 par le procureur général ad intérim, Claver Karenzi.

Dans un communiqué publié le lundi 03 janvier 2022 et dont copie est parvenue à deboutrdc.net, PPI fait savoir que ces  jeunes activistes sont poursuivis pour avoir fait partie des initiateurs d’une pétition de désaveu social et politique à l’endroit du président du sénat et autorité morale du parti politique Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés AFDC-A en la personne de Modeste Bahati Lukwebo.

Pour PPI, la pétition est non seulement  un droit garanti pour le peuple congolais mais aussi un devoir civique pour ce dernier raison pour laquelle les autorités judiciaires saisies du dossier, sont censées appliquer la loi et libérer ces jeunes activistes le plus vite que possible.

« PPI rappelle aux autorités judiciaires saisies du dossier que la pétition est un droit constitutionnellement garanti, conformément à l’article 27 de la constitution et, la personne à qui elle est adressée est tenue d’y répondre dans un délai ne dépassant pas trois mois. Ceci dit, l’alinéa 2 du même article précise, nul ne peut faire l’objet d’incrimination, sous quelque forme que ce soit, pour avoir pris pareille initiative ». Peut-on lire dans ce communiqué.

Par ailleurs, cette organisation de défense de droit de l’Homme constate que les jeunes pétitionnaires croupissent présentement en prison malgré les exigences légales qui leur confère le droit d’initier une pétition. Elle demande ainsi aux autorités judiciaires de demeurer indépendantes et de ne pas se laisser salir avec des dossiers qui violent expressément la loi et qui font honte à toute la république, en voulant satisfaire certains politiciens ou en agissant sur fond de corruption.

Eu égard à cette situation, PPI exige une libération pure et simple des  ces jeunes activistes car, pour cette organisation, sans l’effectivité de cette dernière, tous les acteurs de la société civile, les DDH, les activistes , les lanceurs d’alertes ainsi que tout partenaire soucieux du respect  des lois et des droits humains en RDC sont invités de se lever comme un seul homme pour des actions citoyennes de grande envergure dénonçant cette façon de travailler de la justice.

Signalons qu’en ayant dans ses attributions la protection des défenseurs des droits humains, PPI promet de réitérer sa désapprobation contre une quelconque audience en flagrance à l’endroit de ces deux jeunes pétitionnaires.

Pour rappel, Augustin Ntayitunda et Alfani Bawili ont été arrêtés sur une plainte signée par le professeur Landry Cizungu, président fédéral de l’AFDC-A au Sud-Kivu. Celui-ci les accuse d’imputation dommageable, incitation à la désobéissance fiscale et association des malfaiteurs.

Maguy Bapolisi

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