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Me Pascal Mupenda_Dialogue sur la protection des DDH_Hôtel Exodus_31 mai 2023_Photo©Deboutrdc.net
Me Pascal Mupenda_Dialogue sur la protection des DDH_Hôtel Exodus_31 mai 2023_Photo©Deboutrdc.net
Politique

Sud-Kivu: Qui est Mushagalusa Mupenda Pascal, l’homme de la campagne « Ma voix, Mon pouvoir » ?  

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Mushagalusa Mupenda Pascal , est un défenseur judiciaire engagé et militant de longue date au sein de la société civile en République Démocratique du Congo. Après plusieurs années de lutte en faveur des opprimés, il a décidé de faire la lutte autrement ! Il est candidat député national, circonscription électorale de Kabare dans la province du Sud-Kivu. Pourquoi faire la politique dans le contexte actuel ? Comment faire la différence là où les autres ont échoué ? Pourquoi dans un parti proche du président actuel ? Toutes ces questions ont été posées à Pascal dans une interview accordée à la rédaction de votre média.

Dans le cadre de son programme de promotion des jeunes ambitieux dans divers domaines de la vie, votre média a donné la parole à  Mushagalusa Mupenda Pascal.

Lire aussi:  SUD-KIVU : « Des explications mensongères » dans le camp Théo Ngwabidje sur sa tentative de spoliation de la concession Murhala à Kabare

Juriste de formation et de profession, Pascal Mupenda est un acteur de la société civile qui a travaillé aux côtés de plusieurs acteurs. On l’a vu trop actif dans le dossier des viols des petites filles à Kavumu, dans le dossier Mbobero. Face à la violation des droits des Défenseurs de droits humains, des journalistes, il n’hésite pas d’enfiler sa toge pour les défendre.  Pourquoi laisser ce travail qu’il fait déjà bien pour la communauté pour la politique ? Nous l’avons rencontré le 24 octobre 2023 à son cabinet situé sur Avenue Kalehe, dans la ville de Bukavu.

Deboutrdc :

Maitre Mushagalusa Mupenda Pascal, bonjour !

Maitre Mushagalusa Mupenda Pascal :

Bonjour Mr le journaliste

Deboutrdc : Qui est Pascal Mushagalusa Mupenda ?

Maitre Mushagalusa Mupenda Pascal : Je suis un fervent défenseur des droits de l’homme, reconnu pour mon engagement dans la promotion et la défense des droits fondamentaux. Je m’investis avec éthique et respect des lois pour l’avancement de la société. Contrairement à certains politiciens, je ne participe pas à des pratiques clientélistes telles que la distribution de biens matériels ou d’argent pour gagner la sympathie des électeurs. Au lieu de cela, j’utilise mon intelligence et mes compétences pour plaider en faveur des marginalisés et de la population en général, même au péril de ma vie.

Quel est votre parcours académique ?

J’ai obtenu mon diplôme de licence en Droit Public à l’Université Officielle de Bukavu en 2013. J’ai également étudié pendant deux ans le journalisme audiovisuelle (G1 et G2) à l’Institut Supérieur de l’Audio-Visuel (ISA Bukavu) de 2006 à 2008. Avant cela, j’ai  obtenu un Diplôme d’Etat en Pédagogie Générale au Lycée Katana en 2006.

Avez-vous suivi des formations ?

En ce qui concerne ma formation non académique, j’ai suivi diverses formations spécialisées dans plusieurs régions de la RDC et à l’étranger. Ces formations ont couvert un large éventail de sujets tels que les droits humains, le suivi des violations des droits humains, le rapportage, le plaidoyer, le lobbying, la justice transitionnelle, la résolution pacifique des conflits, le droit de l’environnement et des ressources naturelles, etc.

Pour être élu il faut avoir servi la communauté, alors quelles sont vos  réalisations ?

Pascal Mupenda face à la presse sur le dossier de vente de la concession Murhala à Kabare
Pascal Mupenda face à la presse sur le dossier de vente de la concession Murhala à Kabare

Malgré l’absence de mandat officiel,  j’ai réalisé de nombreux plaidoyers en faveur des droits de l’homme et de la justice sociale. En titre illustratif j’ai été parmi les rares personnes qui ont travaillé sur le problème de Mbobero, l’affaire de viols des petites filles à Kavumu, etc. Aujourd’hui, je sollicite le mandat du peuple afin de poursuivre ces actions avec une autorité officielle. Mes réalisations antérieures sont les témoignages de mon expérience et l’impact significatif dans le domaine du plaidoyer.

Quel est votre parti politique ?

Je suis candidat à la députation nationale dans la circonscription de Kabare. Mon parti politique c’est Génération d’Espoir, membre du regroupement  Alliance pour le Regroupement d’Etat de droit.

Est-il de la majorité  au pouvoir ?

Oui ! Notre parti est membre de l’Union sacrée.

Pourquoi postuler à  Kabare et non à Bukavu ?

Marche des habitants de Mbobero victimes de l'expropriation de leurs terres_12.02.2023
Pascal Mupenda à marche des habitants de Mbobero victimes de l’expropriation de leurs terres_12.02.2023

Tout d’abord je suis un citoyen du monde, la manière dont je vis avec les citoyens de Bukavu, c’est la même manière dont je vis avec ceux de Kabare et d’ailleurs. Je suis natif du village de Combo, dans le groupement de Miti, territoire de Kabare. Je n’ai pas voulu faire la cupidité politique, en se présentant à deux niveaux, me présenter en ville et dans le territoire. Nombreux de mes proches ont voulu que je postule en ville, mais étant un citoyen du monde, je pense que je fais un bon choix.

Le système politique congolais est jugé corrompu, quelle stratégie pour faire mieux dans ce contexte ?

Je sais qu’il y a nombreuses personnes, quand elles ont écouté que j’ai postulé, elles se sont demandées pourquoi j’ai voulu me salir. Certains sont allés plus loin en me disant de rester dans le monde des organisations des défenseurs des droits humains. Selon eux, le monde politique est sale et on ne peut rien y changer. Cependant, je leur disais que si eux sont sales et que c’est nous qui sommes propres, alors qui pourra changer la donne et pourtant ils sont d’office sales ? Je crois bien qu’avec quelques idées innovantes que j’ai nous pouvons changer le système en collaboration avec mes collègues qui seront issus de la société civile, etc. Il est important de dire que c’est une mission difficile, mais pas impossible.

Lire aussi: SUD-KIVU : Mbobero, sept ans de cauchemar des paysans après l’expropriation de leurs terres par la famille Joseph Kabila

Pour quoi  la campagne « Ma voix, Mon pouvoir » ?

Pascal Mupenda face à la population pour parler de la campagne Ma voix mon pouvoir!
Pascal Mupenda face à la population pour parler de la campagne Ma voix mon pouvoir!

« Ma voix, Mon pouvoir » (Sauti yangu, madaraka yangu, nguvu yangu,uwezo yangu, etc, nayiheshimisha sana) : La voix est  un pouvoir puissant que nous devons comprendre et respecter. Lorsque nous confions notre voix à un représentant, nous lui donnons tout notre pouvoir. Il est essentiel de choisir des candidats compétents et honnêtes.

D’où vous est venue cette inspiration ?

Cette campagne est inspirée d’une observation faite depuis les premières élections faites en RDC en 2006. Nous avions constaté que la majorité des congolais n’ont pas compris la valeur de leurs voix. Ce qui faisait à ce que certains la compare avec des pacotilles qu’on leurs donnaient. Notre voix est une arme de construction et de destruction massive. Les mauvaises conditions de vie que nous connaissons sont les résultats de mauvais choix passés. Ne vendons pas nos voix pour des promesses temporaires. Ouvrons les yeux et faisons les choix éclairés pour éviter de souffrir pendant des années.

Comment allez-vous mobiliser et rassembler les électeurs derrière votre campagne « Ma voix, Mon pouvoir » ?

Pascal Mupenda à la RFI Kiswahili à Nairobi pour parler de sa campagne « Ma voix, mon pouvoir

Je suis en train de mener des  sensibilisations dans différents coins de Kabare. Les gens prennent déjà conscience et ils ne devraient pas se limiter à donner  leurs voix en échange des miettes. Ils doivent élire des personnes qui comprennent leurs problèmes sociaux. Le peuple c’est le souverain primaire, c’est lui qui devrait être au centre d’intérêt de ses élus.

Quelles sont les problèmes sociaux prioritaires que vous souhaitez traiter en tant que futur député national ?

En fait, pour relever la RDC, il faut beaucoup de choses, de courage et des stratégies. Pour moi voici ce que je pense être la priorité de la lutte à très court terme:

  • Plaidoyer pour l’application effective de l’Article 175 de la constitution

Une fois passé comme député, je plaiderai pour une implémentation totale de l’article 175 de la constitution de la RDC. Cet Article prévoit la retenue à la source de 40% des recettes à caractère national générées par les provinces avant leur transfert à Kinshasa. Cette disposition constitutionnelle essentielle garantirait un développement équilibré et équitable du pays.

  • Plaidoyer pour la réduction du train de vie des institutions

Je déplore l’énorme disparité entre le niveau de vie des dirigeants et celui de la population, avec des écarts de revenus disproportionnés. J’appelle à une réduction du train de vie des institutions et une répartition plus équitable des ressources. Il est injustifiable qu’un individu puisse percevoir des sommes colossales chaque mois tandis que ses compatriotes vivent dans une extrême précarité. Cette situation est le reflet d’une cupidité qui doit être combattue.

  • Canalisation des problèmes vers les décideurs

Toutes mes vacances parlementaires je les passerais principalement à l’écoute de mes électeurs Kabaroises et Kabarois pour constituer un rapport consistant reprenant leurs vraies préoccupations afin que ces dernières soient présentées à l’Assemblée à l’ouverture de la nouvelle session pour des solutions idoines.

Quoi faire de ce qui été proposé mais resté dans les tiroirs durant les législatures passées ?

Oui, plusieurs dossiers sont jetés presque dans des oubliettes et qui constituent le cadet des soucis de tous les parlementaires de législatures passées. C’est par exemple:

Le droit au travail (application effective de l’Article 36 de la constitution)

Qu’allez-vous faire ?

Nous allons Initier des actions de contrôle parlementaire couplées au plaidoyer pour l’application stricte et équitable de l’article 36 de la constitution qui stipule, « le travail est un droit et un devoir sacrés pour chaque congolais ». Autrement dit, cette disposition signifie  qu’un congolais qui ne travaille pas mérite « pendaison », alors qu’au même moment, il n’y a pas promotion de l’emploi.

Une fois élu député, quel est votre premier plaidoyer que vous pensez faire ?

Dossier emblématique de Mbobero : Initier une question orale avec débat, couplée aux actions de plaidoyer  pour que finalement le législateur congolais et le gouvernement en général se prononcent sur le calvaire de plus de 7 ans qu’endurent nos compatriotes de Mbobero.

Après ?

Dossier d’escroquerie des épargnes des paisibles citoyens par les banques et institutions de microfinances(IMF) : Initier une question orale avec débat pour relancer les démarches visant le remboursement des épargnes des paisibles citoyens.

Vous pensez à autres chose ?

Oui ! Nous allons militer pour l’application de l’Article 43 de la constitution qui stipule, « la gratuite de l’enseignement primaire » et amélioration des conditions de travail des enseignants.

Quel est l’homme politique qui vous inspire ?

Emery Patrice Lumumba est ma véritable source d’inspiration en politique. Son amour inébranlable pour son pays, démontré dans des circonstances difficiles est admirable. Ce qui me pousse encore plus, c’est le désir ardent d’immortaliser sa mémoire et de relever les défis en apportant notre contribution précieuse. Ensemble, nous pouvons bâtir sur ses fondations et laisser notre empreinte indélébile. S’il faut aller ailleurs nous avons Thomas Sankara, John Magufuli, Julius Nyerere, etc.

Pensez-vous qu’il faut un deuxième mandat pour Félix Tshisekedi ?

Je pense que le président Félix Tshisekedi mérite un deuxième mandat. Il est engagé à poursuivre les travaux qu’il a entrepris et à les mener à terme. Il est actuellement à son deuxième mandat légal, ce qui lui offre une continuité dans la mise en œuvre de ses projets.

Lire aussi:  RDC : Par la campagne « Ma voix, Mon pouvoir », Me Pascal Mupenda prêche le vote utile pour le cycle électoral

Vous avez un mot de la fin ?

Je confirme ma capacité à effectuer un réel changement une fois élu en tant que député national. Je suis déterminé à aider le Président à concrétiser ses projets de société, en évitant les pièges et en travaillant ensemble pour le bien-être du pays.

Me Mushagalusa Mupenda Pascal, deboutrdc.net vous remercie !

Par Elie CIRHUZA

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