Bukavu : Quand être journaliste devient « un crime »

Le journaliste Honneur Safari, journaliste au média Laprunelle RDC est porté disparu depuis la nuit du dimanche 28 décembre 2025. Sa famille, des confrères journalistes et les DDH de la ville de Bukavu sont inquiets et demandent qu’il soit retrouvé vivant et en bonne santé.

Selon un communiqué de la Prunelle RDC asbl, Honneur David Safari n’est pas rentré chez lui.

« La Prunelle RDC asbl informe l’opinion publique de la disparition de Monsieur Honneur-David Safari, Journaliste et Rédacteur en Chef du Groupe de Presse indépendant « La Prunelle RDC », survenue ce dimanche 28 décembre 2025 aux environs de 18h30 dans la ville de Bukavu », peu-ton lire dans le communiqué.

 Selon les informations en la possession de la Prunelle, le dernier message qu’il a adressé à son épouse indiquait qu’il se trouvait à moto et qu’il avait l’impression d’être suivi.

« Depuis cet instant, plus aucun contact n’a pu être établi avec lui, malgré les recherches engagées par sa famille, ses proches et ses collègues », regrette la Prunelle.

 Face à cette situation préoccupante, La Prunelle RDC asbl exprime sa profonde inquiétude et appelle les autorités compétentes à s’impliquer de toute urgence afin de le retrouver sain et sauf et de garantir sa sécurité.

« Le journalisme n’est pas un crime », conclu le communiqué.

Pour rappel depuis un temps, la situation des DDH et des journalistes est préoccupante dans les provinces du Nord Kivu et Sud-Kivu.

La semaine passée, Deo Buuma, acteur de la société civile et coordinateur de l’Action pour la paix et la Concorde, avait été arrêté puis relâché. Selon nos confrères de Libregrandlac, Déo Buuma avait été arrêté arbitrairement par des éléments affiliés au M23, après avoir été appelé au téléphone par un responsable de l’ANR/M23 pour une prétendue discussion autour de sa maison, située sur l’avenue Patrice Emery Lumumba à Bukavu. Une maison illégalement occupée par les rebelles, et qui abritait auparavant le consulat du Burundi. Après s’être rendu sur place, il avait été conduit vers le cachot de l’ANR/M23, sans mandat, sans motif officiel et sans possibilité de contact avec sa famille ou ses avocats.

Il y a quelques mois en avril dernier, le journaliste Amisi Musada du média debout RDC avait été kidnappé, torturé avant d’être jeté, agonissant sur la route vers Kalambo à environ 30 km au nord de la ville de Bukavu.

En octobre dernier, Justin Murhula, journaliste chez deboutrdc, avait aussi été immobilisé de 9h à 13h par des agents de l’ordre à coté du bâtiment de la Société Nationale des Assurances dans la ville de Bukavu.

Plusieurs d’autres journalistes et acteurs de la société civile vivent avec la peur au ventre et ne savent plus vaquer librement à leurs occupations.

En RDC, le travail du journaliste en temps de guerre est encadré par le droit international humanitaire (DIH) et des lois nationales, reconnaissant les journalistes comme des civils protégés, mais la réalité est marquée par de graves violations : attaques, arrestations, impunité, et risques d’enrôlement forcé, en particulier dans l’est du pays, malgré des lois existantes favorables à la liberté de presse, souvent ignorées. Les lois protègent les journalistes en tant que civils, mais le contexte de guerre mène à des entraves sécuritaires massives, des violences, et une impunité des auteurs, bien que des efforts de sensibilisation existent.

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