WALIKALE : Plus de 150 personnes égorgées, un deuil de deux jours décrété

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Au-delà de massacre de Kaniola la communauté Bashi vivant à Walikale dans le territoire du Nord-Kivu  dénonce la tuerie  de plus de 150 personnes. Les responsables de la mutualité des Bashi du territoire de Walikale confirment l’information et organise un deuil de deux jours pour pleurer leurs frères tombés sous le coup de barbarie des groupes armés dans ce coins de la province.  Ces derniers sollicitent la solidarité d’autre communauté du milieu et l’implication des autorités locales.

Les défenseurs des droits humains pensent que tout se nombre n’aurait pas été tué, car il aurait eu quelques rescapés dont certains  se  retrouveraient dans le territoire de Lubero en fuite.

’’L’appel à témoin que j’ai lancé plusieurs personnes se sont manifestés et m’ont contacté en privé pour témoigner. J’ai aussi les coordonnées de deux rescapés avec lesquels je compte m’entretenir bientôt. L’un des commandants et porte-parole de groupe armé NDC-Rénové m’a confirmé les faits, mais il s’agit de l’aile opposé à Guidon. Guidon Shimari lui-même reste injoignable jusque là.  L’un des acteurs de la région m’a promis de se rendre sur le lieu de l’enlèvement dans quelques jours pour me donner plus des détails.  Il n’y a donc aucun doute que des centaines des commerçants Bashi et trafiquants ont été enlevés à Kokwe /Mutungwe et sont portés disparus. Des dizaines d’entre eux étaient exécutés (égorgés) et jetés dans la rivière Kokwe devant des témoins. Si je cherche à écouter Guidon en personne, c’est parce cette cruauté dépasse l’entendement humain mais aussi c’est pour tenter de sauver ceux qui peuvent encore être sauvé,’’ signale Marcelin CIKWANINE DDH et expert en DESC

Ce DDH s’indigne de voir ce groupe armé qui avait pour mission défendre le droit de l’homme puisse basculer dans un obscurantisme, alors qu’il se targuait de défendre la population contre les INTERAHAMWE. Il se remarque que lui également impose à cette population la même cruauté des INTERAHAMWE et INKOTANYI.

Des sources concordante craignent qu’il ne puisse repondre favorablement aux ordres lui intimés par ses maîtres de Kigali qui lui fournissent armes et munitions depuis plusieurs années.

‘’S’agit il d’une autre force qui a agit en son nom avec autant de cruauté ? Je continue à faire mon devoir de monitoring et plaidoyer. Le silence d’une certaine élite politique de Walikale, pourtant en lien étroit avec les groupes armés communautaires qui œuvrent dans cette zone, est à dénoncer. Je pointe du doigt particulièrement trois personnalités qui me lisent (je m’abstiens pour l’instant de citer leurs noms, mais je vais le faire s’ils ne fassent rien dans les jours qui viennent). Elles sont au courant de cette cruauté comme moi, mais elles préfèrent apparemment garder le silence, et pourtant leur parole est audible. C’est inacceptable !’’  Martèle Marcelin CIKWANINE DDH

Le deuil de deux jours est décrété depuis jeudi 12 novembre 2020 en mémoire de ce peuple qui a été lâchement égorgé et leurs corps jetés dans la rivière Kokwe /Mutungw. Les DDH pensent que c‘est une priorité des priorités que les enquêtes soient faites pour établir  le responsable de cette cruauté et qu’il paye de ses actes d’une manière ou d’une autre. À l’État de prendre ses responsabilités. On ne doit plus continuer à massacrer indéfiniment en toute impunité la population au Kivu.

Patrick Babwine

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