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Entreprendre en Afrique, que faut-il savoir ?

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L’entrepreneuriat une nouvelle vision, une nouvelle vague, une nouvelle opportunité pour tout entrepreneur du continent Africain. Actuellement, les Africains plus particulièrement les jeunes, auraient compris les bienfaits d’entreprendre les affaires. Dans ce continent en voie de développement, les jeunes entrepreneurs se butent à des difficultés d’accès aux opportunités. Néanmoins les issues et les avancées de l’entrepreneuriat en Afrique sont visibles.

L’Afrique est un continent souvent oublié, principalement dans le domaine entrepreneurial. Ce jeune continent qui accuse un retard sur la route du progrès, mais en pleine mutation, présente déjà un changement et commence à sortir petit à petit de son gouffre de misères. Malgré tous ces progrès, il reste un long chemin à parcourir pour promouvoir l’entrepreneuriat sur toute son étendue.

Quelle que soit la bonne volonté d’entreprendre pour pouvoir créer de l’emploi, ce domaine garde toujours des besoins énormes pour pouvoir s’installer dans cette partie du monde.

Quel état de l’environnement entrepreneurial en Afrique?

Avec les efforts de certains pays Africains, les business semblent évoluer, mais à pas de tortue. Quelques pays africains caracolent en tête en ce domaine et se distinguent  dans le top 10 de pays les plus favorables aux affaires. D’après Doing Business 2020, en Afrique,   Maurice occupe la première place et le 13eme au niveau mondial suivi du Rwanda, du Maroc, du Kenya et la  Somalie occupe la dernière place en Afrique et 190e au niveau mondial selon les études statistiques de l’an 2019. D’autres font de leur mieux pour atteindre le podium de l’entrepreneuriat. Visiblement, l’entrepreneuriat s’avère être l’une des voies sans lesquelles l’Afrique ou l’Africain ne pourrait se développer.

La publication du rapport  Doing Business 2020 par la Banque mondiale, témoigne que  le climat des affaires progresse à pas compté en  Afrique.  Parmi les 50 pays à avoir réalisé le plus de progrès au  monde, seuls deux pays sont africains en l’occurrence le Togo et le Nigéria rapport 2020. Compte tenu des indicateurs tels que la réglementation, infrastructure, fluidité des formalités administratives et du commerce transfrontalier, l’Afrique occupe la dernière place dans le classement du 17eme rapport de la Banque mondiale Doing Busness. Ils mesurent la facilité pour effectuer des affaires dans 190 pays et les améliorations qui y ont été apportées entre mai 2018 et 2019.

Faible statistique dans le monde des affaires, mais le genre se distingue.

L’entrepreneuriat féminin distingue l’Afrique des autres continents du Monde. Selon le rapport du cabinet Rolland Berger, l’Afrique occupe la première place dans le monde. D’après la dernière étude publiée par ce cabinet, Près de 24 % des Africaines en âge d’exercer un emploi sont actives et impliquées dans la création d’entreprises. Les femmes et jeunes filles africaines plus particulièrement celles de l’Afrique subsaharienne seraient déterminées à booster l’entrepreneuriat en Afrique.

Avec ce classement Doing Busness, plus d’un analyste s’interroge sur l’environnement entrepreneurial en Afrique. Ce rapport révèle la volonté, la détermination d’un bon nombre de pays africains de se distinguer dans le domaine entrepreneurial. Cette détermination se traduit par un taux élevé de reformes encourageant la création de petites et moyens entreprises par rapport aux années précédentes.

Absence d’un cadre approprié pour booster le climat des affaires en Afrique 

D’aucuns estiment que l’Africain en commençant par les autorités politico administratives, prendraient des précautions dans la bonne gestion des institutions pour favoriser un climat d’éclosion des initiatives en Afrique.

L’entrepreneuriat en Afrique fait face à plusieurs difficultés de part et d’autres. D’une part, la majorité des Africains préfèrent l’entrepreneuriat d’opportunité plutôt que l’entrepreneuriat de nécessité. D’autre part, l’instabilité politique, la lourdeur administrative lors de l’ouverture des nouvelles entreprises, l’insuffisance des infrastructures de base (routes d’évacuation, écoles et hôpitaux) et le faible pouvoir d’achat ne facilitent pas aux entrepreneurs et investisseurs, un bon climat des affaires et l’éclosion des initiatives.

L’entrepreneur africain avant de commencer son initiative ne s’attend jamais au soutien public, quelle que soit la pertinence du projet sauf pour quelques pays.  Plusieurs pays sont victimes de la taxation élevée, ce qui ne leur facilite pas le bon démarrage de leur projet.

Cité par Africanews, Tony Elumelu, homme d’affaires nigérian,  lors du forum des affaires en Afrique 2017 en Egypte, a dit que les gouvernements de pays Africains seraient responsables du non avancement des entreprises en Afrique ; “Nous devons tenir nos gouvernements responsables de ne pas avoir créé les bonnes conditions pour que les entreprises prospèrent. Nous sommes un continent qui est naturellement doté de richesses et il n’y a aucune raison pour que nos jeunes souffrent, ’’ a-t-il déclaré.

Les entrepreneurs ne partagent pas d’opinion politique avec les régimes politiques  dans plusieurs pays Africains. Ils sont condamnés soit à l’exil, soit à suspendre leurs activités suite à des normes frais imposés. Ceci réduit encore la chance à beaucoup de pays africains de recevoir les investisseurs étrangers ou des citoyens africains de la diaspora à venir investir sur leur sol d’origine.  Cette situation s’observe surtout dans des pays en voie de développement où règnent la dictature et la tyrannie.  Il s’observe dans plusieurs pays du continent noir, une forme d’étouffement des entreprises au travers une fiscalité désavantageuse. Même situation pour des entreprises naissantes qui seraient encore à la phase embryonnaire et ont du mal à se relever. Dans certains pays, les lois qui régissent ce secteur seraient non adaptées, d’où la présence d’un vide juridique dans le monde des affaires.  Cette situation décourage un bon nombre des jeunes entrepreneurs et se mettent à rechercher de l’emploi dans d’autres entreprises déjà développées.

Certains acteurs sociaux pensent que certaines communautés participent également au frein du développement entrepreneurial en Afrique. Les jeunes entrepreneurs sont souvent démoralisés et éprouvent une certaine résistance de leur entourage à qui ils exposent leur projet entrepreneurial. Généralement la plus part des communautés africaines mettent en avant les doutes et estiment que le mieux serait de chercher du travail au lieu de créer sa propre entreprise.

sommet du numérique du Kivu. dénommé « Kivu Technologie ». samedi 14 décembre 2019. Photo de KivuTech

Des milliers de projets entrepreneuriaux demeurent dans des tiroirs de différents pays en Afrique, sans espoir qu’un jour ils seront matérialisés. Les entrepreneurs peinent à trouver de financement, les investisseurs les plus importants sont  ceux qui entreprennent dans des secteurs privés. Mais pour y parvenir, cela requiert aussi des moyens financiers pour bien se relancer, ce qui occasionne un grand problème à ceux qui veulent créer leurs propres entreprises sans aucun moyen ni subvention.

Quel avenir entrepreneurial en Afrique ?

  Certains pays du continent Africain prennent déjà des mesures  pour pouvoir booster le secteur de l’entrepreneuriat. Au Rwanda par exemple, le gouvernement a adopté des cours de l’entrepreneuriat dès le collège, pour outiller l’élite africaine des connaissances pouvant lui permettre d’entreprendre les affaires au moment opportun. D’autres pays et certaines organisations offrent aux jeunes entrepreneurs cette éventualité par différents concours des initiatives pour accélérer les investissements dans des entreprises africaines à haut potentiel de croissance et promouvoir le développement et l’internationalisation de ces conquérants africains.

Certains entrepreneurs contactés, montrent que la perception de l’échec d’un bon nombre d’ entrepreneurs Africains, l’insuffisance et retard de l’éducation entrepreneuriale, la faible couverture géographique des incubateurs et accélérateurs pousseraient beaucoup d’entre eux d’investisseurs à porter leur préférence pour l’entrepreneuriat hors de l’Afrique, un geste qui  défavorise le développement de l’environnement entrepreneurial en Afrique.  L’avenir de l’Afrique repose sur l’entrepreneuriat et la jeunesse Africaine constitue le socle de l’entrepreneuriat dans cette partie du monde.

La peur, une arme pour fragiliser des initiatives des entrepreneurs

Comme l’a souligné Omar Guiga, co-fondateur de Wallys car, l’entrepreneur doit avant tout surmonter la peur.  Car elle constitue un grand obstacle dans  le monde des affaires et vous empêche d’atteindre vos objectifs ; « Ne jamais avoir peur de prendre des risques, seulement ceux qui prendront le risque d’aller trop loin découvriront jusqu’où on peut aller, » interpelle-t-il.

Omar Guiga recommande aux entrepreneurs, particulièrement les Africains, à oser et ne pas avoir peur d’échouer. Pour lui, la patience  et la passion amènent à bon port les initiatives entrepreneuriales.

L’entrepreneuriat en ligne ne reste qu’un secteur beaucoup plus sollicité par la jeunesse, mais oublié dans plusieurs pays africains. Pourtant, plusieurs jeunes africains manifestent le goût de lancer des startups en ligne bien que l’accès à l’internet demeure un problème sérieux.

De par toutes théories et expériences énumérées, nous pouvons comprendre que l’environnement des affaires en Afrique appelle à l’assainissement en mettant à niveau les aspects juridiques, fiscaux, administratifs et  financiers. Ceci étant, ces aspects mis ensemble permettront aux pays africains à développer  une politique innovante et adopter des modèles de développement favorisant le décollage entrepreneurial. L’entrepreneuriat constitue un atout inéluctable pour mobiliser les ressources de toutes sortes et aider la population à utiliser à bon escient ses compétences, tant individuelles et émotionnelles que collectives. A travers la création de nouvelles entreprises les jeunes entrepreneurs potentiels doivent faire preuve d’innovation et de créativité afin de contribuer à la création des valeurs.  Les pouvoirs publics doivent déployer des efforts supplémentaires pour améliorer le climat des affaires dans cette partie du monde.

 Bernardin Murhabazi Matabaro

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