Sud-Kivu : Le gouverneur a roulé les usagers de la route Ruzizi 2-Major Vangu (habitants)

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Les travaux de construction de la route nationale 29B entre la frontière Ruzizi II et Major Vangu dans la ville de Bukavu province du Sud-Kivu sont aux arrêts. Après les manifestations des habitants de Gihamba au mois de Février dernier, le gouverneur Theo Kasi avait promis que la réhabilitation va se terminer dans un bref délai. Quatre mois après rien de palpable font savoir certains habitants, qui projettent de couper encore cette route de moins de 3 km qui a vu défiler trois gouverneurs sans l’achever.

 En date du 24 octobre 2016, la province du Sud-Kivu a signé un contrat avec la société Rubuye pour les travaux d’asphaltage de la Route nationale n° 29 B pour un budget total 6 278 474,39 USD et qui ne pouvait durer que six mois.

A ce jour (plus de 3ans déjà), l’entreprise affirme avoir reçu moins de la moitié de cette somme.

Et pourtant, le gouvernorat de commun accord avec le club des pétroliers s’étaient convenus sur la création d’une taxe de 30 CDF par litre à l’importation des produits pétroliers.

L’opacité qui couvre l’encaissement et le décaissement de l’argent percé serait un frein qui occasionne les ruptures dans ce chantier devenu éternel, se plaint un acteur de la société civile rencontré sur le lieu.

Cette nouvelle rupture intervient trois mois après la reprise des travaux lancés par le gouverneur Ngwabidje, le 02 Février 2020.   La RN 29B prend un tronçon allant du rond-point Major-Vangu jusqu’au pont Ruzizi 2 en limite avec le Rwanda.

La population du Quartier Gyamba menace d’entamer les actions de grande envergure sur cette route pour dénoncer le lâchement du gouvernement provincial du Sud-Kivu.

Nous faire subir d’une terrible pénurie d’eau et nos maisons détruites sans plus construire ?  Nous n’allons pas tolérer. Bientôt nous allons encore couper cette route et personne ne va nous tenir rigueur. C’est le gouverneur qui bloque la construction de cette route. Tend-moi bien ce micro journaliste parce que je suis en colère ! Si pas lui, ses commerçants vont encore nous sentir sur cette route. Ce gouverneur ne va pas être malin plus que nous. La construction d’un caniveau vient de durer six mois, puis nous dire que l’argent est épuisé. C’est-à-dire quoi ? Il reste concentrer sur coronavirus pourtant nous avons des ressources pouvant nous aider à continuer les travaux qui étaient encours,’’ s’indigne un habitant rencontré. 

 De son côté Anicet Kakese, directeur de l’Office de Route en province, reconnait la suspension de ces travaux. Celui-ci jette le ballon au gouverneur de province avec le club de pétroliers.

’Aujourd’hui il n’y a pas d’argent et les travaux sont suspendus. C’est le gouvernorat avec les pétroliers qui ont une réponse. Dire que l’Office de route est en connivence c’est faux. Parce que nous on ne connait pas les engagements qui ont été faits entre les pétroliers, Rubuye et le gouvernorat. Nous n’exécutons que la mission de contrôle. C’est comme ça que nous travaillons dans ces travaux. Si on donne l’argent on fait le travail. L’argent des pétroliers, nous l’office de route on ne peut pas mettre le nez là-bas’’ précise Anicet Kakese

Selon certaines sources proches de décideurs, au mois de Janvier, les commerçants avaient débloqués une somme de 620 Milles dollars américains pour la reprise de ces travaux alors que, le gouverneur n’avait remis que 200 Milles USD à la société Rubuye.

Voulant en savoir davantage, le comité de suivi affirme avoir initié un entretien avec le PDG du Groupe Rubuye dans ce sens pour plus de clarté.

Cirhuza Murhigisi Boss président du comité de suivi, réaffirme, ‘’Rubuye nous avait dit : Ce sont des pourparlers je pense car, personne ne connait le vrai montant qu’ils avaient débloqué. Nous nous sommes limités sur la construction d’une route et non contrôler l’argent’’

Pour rappel, en Février, le gouverneur Theo Kasi avait rassuré que cette route sera réhabilitée dans un bref délai.

« La population a demandé que les travaux reprennent, les travaux ont repris. Nous allons suivre ça jour par jour, semaine par semaine », avait-il assuré.

Et d’ajouter : « Il nous faut des moyens au niveau du gouvernement provincial. Les opérateurs économiques surtout ceux qui sont dans le pétrole, doivent payer l’impôt et les taxes. S’ils ne paient pas, nous allons prendre des mesures qui s’imposent ».

Amisi Musada Emérite

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