Bukavu, 29 août 2025 — Bienvenue à Kolwezi, le chef-lieu de la province du Lwalaba en RDC. Vanté pour son progrès en train de prendre place, Kolwezi est au cœur d’un développement urbain qui « ne profite pas » à tous ses habitants. Sa face cachée révèle que des quartiers périphériques, comme Luilu, habités par les citoyens lambda sont abandonnés. Le rôle est alors joué par des artistes locaux qui veulent porter haut la souffrance de la population des quartiers oubliés. Sur la toile en RDC, leur satire « Visit Luilu, au cœur du Lwalaba » est devenue virale et visiblement « contagieuse ».
A Luilu, quartier industriel et résidentiel de la commune de Dilala dans la ville de Kolwezi, des comédiens Congolais nous plongent dans la poussière quotidienne sur le tronçon routier Kolwezi-Luilu d’environ 7 à 10 Km, selon le point de départ. Quant au frais de transport sur ce tronçon, il faut prévoir 8 à 10 000 francs congolais.

Symbole d’injustice urbaine à Kolwezi et partout en RDC, cette route est abandonnée en état poussiéreux qui rend le trajet pénible en période sèche, comme c’est le cas actuellement.
Cet état met malheureusement la population en danger vis-à-vis de maladies pulmonaires et tant d’autres.
« Ici, nous respirons la poussière matin, midi et soir »,
a témoigné un habitant de Luilu à Media Congo cité par Congo quotidien. « Quand les camions passent, c’est comme un brouillard qui envahit tout. Nos maisons, nos vêtements, même notre nourriture est recouverte de cette poussière », a-t-il conclu.
« Visit Luilu, au cœur du Lwalaba »
Réunis pour dénoncer cette injustice dans la province minière du Lwalaba, les artistes comédiens locaux demandent que leur message soit pris au sérieux par les autorités, et non relégué à une simple performance comique!
» Nous utilisons le rire parce que les cris n’ont servi à rien », ont-ils fait savoir.

Image satirique « Visit Luilu, au cœur du Lwalaba ». Photo crédit tiers.
Les artistes de Luilu utilisent l’humour comme une forme de résistance. Ils transforment leur douleur en satire pour faire entendre un message que les cris de la population n’ont pas pu porter.
Au vrai sens, le « Visit Luilu » n’est pas une invitation joyeuse à découvrir Luilu. Il s’agit plutôt d’un slogan touristique pour dénoncer l’abandon. Un paradoxe choisi par les comédiens du coin pour s’exprimer et attirer l’attention des autorités provinciales et nationales sur l’abandon de cette entité.
À travers leurs performances, ils dénoncent le contraste remarquable entre le Kolwezi moderne, vitrine du progrès, et les quartiers périphériques laissés pour compte.
L’arbre qui cache la forêt au Lwalaba
La Gouverneure du Lwalaba, Madame Fifi Masuka, a souvent été présentée comme l’une des meilleurs du pays.
À Kolwezi, elle a lancé plusieurs projets de modernisation dont des routes bitumées, des logements sociaux, des instituts supérieurs et un centre commercial moderne. Elle a aussi construit un terminal flambant neuf à l’aéroport de Kolwezi et un grand échangeur routier qui fluidifie la circulation dans la ville.
Son action a été saluée jusque dans les hautes sphères et très récemment, même le Président de la République a reconnu « ses efforts ».
Mais derrière cette modernisation tant vantée, Luilu, l’un des quartiers de Kolwezi, raconte une histoire autre. De routes délabrées, poussiéreuses, aux services publics défaillants, les habitants se sentent oubliés.

Ce sont finalement les comédiens locaux, avec leur campagne satirique « Visit Luilu », qui ont levé le voile sur cette réalité parallèle révélant que le progrès vanté ne profite pas à tous dans cette province minière de la RDC.
La réalité de Luilu interpelle et rappelle, une fois de plus, que dans les villes de la RDC, « les routes suivent le pouvoir ». Les quartiers des autorités brillent, pendant que ceux du peuple s’effondrent. Une injustice devenue routine.
Ahana Bryan
