La contestation populaire contre la nomination du général Gasita Olivier à la tête des opérations militaires à Uvira a viré au drame ce lundi 8 septembre 2025. Selon des sources militaires et de la société civile, au moins cinq civils, dont deux femmes ont été tués et plusieurs blessés enregistrés après des tirs attribués aux éléments des FARDC.
La récente décision du gouvernement central de placer le général Gasita Olivier au commandement des opérations et du renseignement militaire à Uvira a suscité une vague de colère. Une partie de la population et des combattants Wazalendo perçoivent cette nomination comme une « trahison », et insulte contre la lutte qui a déjà couté des vies aux résistants alors que la ville est considérée comme cible potentielle de l’ennemi.
Depuis une semaine, les tensions se multiplient. Déjà dans la nuit du vendredi 5 septembre, quatre personnes avaient trouvé la mort : une femme, un enfant, ainsi que deux combattants Wazalendo tués par l’explosion accidentelle d’une grenade qu’ils tentaient de lancer sur une position des FARDC.
La manifestation du 8 septembre tourne au drame
Ce lundi, aux environs de 11 heures, des manifestants sont descendus massivement dans les rues d’Uvira pour réclamer le départ du général Gasita. Après avoir déposé un mémorandum à la mairie, certains ont tenté de marcher vers le quartier général des FARDC. La situation a rapidement dégénérée lorsque des tirs ont éclaté, provoquant la mort de cinq civils et plusieurs blessés.
Un officier FARDC, sous couvert d’anonymat, confirme ce bilan provisoire et appelle la population au calme.
« L’ennemi est à nos portes. Nous devons rester unis et concentrés sur la vraie menace, qui nous vient de nos agresseurs. Nos armes ne doivent pas être dirigée vers les civiles non armés », a-t-il déclaré.
De son côté, la coordination de la Nouvelle société civile d’Uvira dénonce fermement l’usage disproportionné de la force.
« Nos militaires sont professionnels. Ils auraient dû encadrer la manifestation et éviter des pertes humaines. Le droit à la manifestation est une garantie de la constitution congolaise », a fait savoir Mafikiri, coordonnateur de cette structure citoyenne.
Selon cette organisation, en plus des cinq morts, plusieurs blessés ont été enregistrés et soignés dans des structures sanitaires locales. Des témoins évoquent également une perte de contrôle au sein du commandement militaire, certains soldats n’ayant pas respecté les ordres venus de la hiérarchie.
Appels à la responsabilité politique
Face à l’escalade, le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu a exprimé son indignation dans un communiqué rendu public ce 8 septembre 2025. Il accuse le gouvernement central de « jouer à la politique du laisser-pourrir » et de fermer les yeux sur les dérives constatées.
La société civile interpelle les députés nationaux et provinciaux afin qu’ils portent la voix du peuple lors de la prochaine session parlementaire. Elle rappelle que d’autres commandants accusés d’avoir cédé des positions stratégiques au M23/AFC avaient été rappelés à Kinshasa, alors que le général Gasita, ancien commandant adjoint, semble être privilégié.
Depuis la nomination contestée du général Gasita Olivier, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon une source militaire locale, plus de douze personnes auraient déjà trouvé la mort à Uvira en l’espace d’une semaine, un bilan jugé lourd.
A l’en croire, Gasita serait attendu à Kinshasa dans quelques heures qui suivent confirme des indiscrétions au sein du commandement militaire à Uvira.
« Depuis l’aéroport international du Burundi, un jet prive seraient entrain d’être âpreté pour dépêcher le général vers Kinshasa ce soir même »,
