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MBOBERO : la mort de Patrick Irenge remet la pendule à zéro

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4 personnes assassinées, des dizaines de cas de viols sur mineurs et vielles, un hôpital et des centaines de maisons détruits, prêt de 3000 personnes, y compris des vieux et enfants jetées dans la rue et vivent dans la précarité extrême, le village excessivement militarisé, c’est le bilan des violations de droit de l’homme enregistrées par la NDSCI à Mbobero, Mbiza et Murundu en territoire de Kabare, province du Sud-Kivu en RDC.

Après l’assassinat d’un jeune homme Patrick Irenge, dimanche 6 décembre 2020 à Mbobero, la population et la Nouvelle Dynamique de la Société Civile NDSCI haussent le ton et disent avoir marre des injustices et des massacres perpétrés par des militaires  basés à Mbobero et qui sont au service de l’ancien président de la RDC Joseph Kabila.

Cette structure citoyenne, accompagnée par la population, a descendu ce lundi 7 décembre, dans les rues de la ville de Bukavu pour saisir l’autorité publique et judiciaire des décisions qui ont été prises pour dénouer la cause à Mbobero et des actions à entreprendre. Les manifestants s’indignent de la persistance des cas d’assassinats pendant qu’ils étaient sur le chemin de privilégier la voie de dialogue sur la paix et la cohésion sociale.

« Excellence monsieur le président de la république, ce énième assassinat est intervenue alors que nous étions décidés de privilégier la voie de dialogue pour un retour à la paix et la cohésion sociale, cette bonne volonté c’est illustrée avec l’acceptation de rencontrer la famille Kabila, à l’issue de cet échange, nous nous sommes convenus de la reconstitution de limites à Mbobero, mais suspendue suite à des magouilles et autres manœuvres mensongères savamment montées par la famille Kabila, » s’indignent-ils.  

Et d’ajouter, notre source précise que, l’assassinat de monsieur Patrick Irenge, qui a joué un rôle important dans la reconstitution des limites et qui faisait partie de l’équipe technique, s’inscrit dans la logique de règlement de compte  contre tous les bons citoyens impliqués  dans la défense de droits de la population de Mbobero.

« Cet assassinat rentre donc dans la logique de règlement de compte  contre tous les bons citoyens et impliqués  dans la défense de droits de cette population abandonnée à son triste sort, » ont-ils déclaré.

Ces victimes déclarent arriver à bout de leur patience, décident de suspendre tout dialogue avec leurs inquisiteurs,  exigence de l’ouverture d’un procès en flagrance sur le lieu du crime contre les militaires impliqués dans ce énième crime et l’ouverture des enquêtes suivies des poursuites judiciaires sur tous ces crimes et violation de droits humains commis à Mbobero en 2016, un ultimatum de 72 heures à tous les militaires et policiers d’émigrer absolument la colline de Hongo, sans quoi la population sera amené à prendre ses responsabilités à fin de se protéger.

« Au vu de tout ce qui précédent, étant arrivé au bout de notre patience, nous décidons ce qui suit ;… un ultimatum de 72 heures, soit de ce lundi 7 au mercredi 9 décembre 2020, est donné à tous les militaires et policiers de quitter sans condition toute la colline de Hongo, faute de quoi la population de cette entité à bout de sa patience et de sa non-violence sera amenée et à s’assumer et à prendre toutes les mesures et dispositions qui s’imposent afin de se protéger pour ne plus continuer à se faire gratuitement massacrer, » ont-ils décidé.

Les contestataires précisent qu’à l’expiration de cet ultimatum, ils seront en droit de récupérer leurs terres en s’y réinstallant par tous les moyens possibles.

Bernardin Murhabazi Matabaro