Les pluies diluviennes qui tombent sur la ville de Bukavu chef lieu de la province du Sud-Kivu en RDC font de victimes depuis le mois de Septembre 2019. Des personnes sont emportées, des maisons endommagées, des routes coupées, bref Bukavu la belle est entrain de disparaitre sous l’œil impuissant de ses autorités.

Pour certains habitants qui ont vécu les moments de gloire de cette ville à repenser, il est temps de réfléchir pour sauver ce qui peut encore l’être à Bukavu. Ils se rappellent des avenues bien aménagées, des haies bien coupées, bref  d’une Bukavu où il faisait beau vivre.

Lire:  Des pluies diluviennes font des morts à Bukavu

Pour nous les nostalgiques,  nous sommes de plus en plus enclin à tirer une croix et à aller ailleurs.

Qu’est devenu le Bukavu des garçons BEK, d’antan?

Ces allées pavées au milieu des enclos faits en haies d’eucalyptus délicatement taillés,  et qui parfumaient par des senteurs rafraîchissantes les quartiers autres fois propres et aérés?

Cette Constermantville où douceur de vivre et fraîcheur du lac enchantaient notre jeunesse vagabonde et joyeuse.

Pendant les vacances nous faisions les tours des familles, chacune tenant absolument que nous partagions ensemble une nourriture fraîche et bio, ou bisamunyu et sambaza débordaient des assiettes, quand ce n’étaient haricots et patates douces.

Tout le monde connaissait tout le monde et gare aux galopins qui osaient mal se comporter,  la gifle du voisin  te rattrapait et heureux étais-tu , s’il n’en faisait part au paternel, qui à coup sûr la doublerait..

Oooh Bukavu,  où le respect des aînés,  de l’Eglise, du Mwalimu étaient le socle de cette vie bon enfant qu’on partageait en bon enfant…

 Adieu Bukavu,   tu fais désormais partie du passé…

Qui connait encore de nos jours les pâtisseries de chez Bulambo ?

Qui se rappelle encore du père  Ricardo, cet encadreur hors pairs de la jeunesse ?

Qui se rappelle du ciné du parti où nous allions suivre les films de Dramenda,  de Django…

Qui se rappelle du poète Tambouka?

Du griot, qui tôt le matin au marché limanga nous réveillait au cri de Rwamihigo…

 Bukavu la belle tu n’es plus qu’un souvenir qui s’effiloche …

Adieu ma ville,

Adieu mon passé,

Adieu mon enfance,

Mes enfants ne connaîtront jamais cette belle jeunesse que nous avons vécue,

Les guerres ont tout ravagé  sur leur passage,

Voici venir maintenant le tour des enfants du viol,

Ils ont grandi aujourd’hui,

Ils peuplent nos rues et crient vengeance,

Du viol ne peux sortir que haine et destruction,

Notre Dr Mukwege nous avait prévenus,

Il fallait une thérapie appropriée pour prévenir ses méfaits, mais qui l’avait écouté ?

Maintenant,  la facture est là,

Injures publics envers des notables,  délation et combat entre des jeunes futurs notables, seront désormais au rendez-vous,  et parents outragés, églises profanées et Mwalimu violentés,  seront désormais notre lot.

  Auteur Inconnu

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