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Kabare : Joseph Kabila et ces larmes des femmes de Mbobero

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Les femmes victimes des démolitions des maisons à Mbobero dans le Territoire de Kabare au Sud-Kivu vivent l’enfer. Elles ont tout perdu champs, enfants et maris pour certaines. Elles plaident pour qu’elles rentrent dans leur droit càd leur champs ravis par l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila.

Mon champ, ma vie !

Josiane Nankafu est mère de neuf enfants. En 2018 ses deux maisons ont été démolies. Ses champs ravis. Actuellement, elle vit dans des conditions très difficiles.

« On a démolis ma maison en 2018. Toute ma conception a été annexée à celle de Joseph Kabila. Ce champ était pour moi un gagne-pain. Je plantais des légumes et chaque matin, je descendais les vendre à Bukavu. Actuellement c’est vraiment compliqué. Je vis dans une chambrette mon mari et nos neuf enfants », regrette Josiane larmes aux yeux.

Des femmes et filles violées

Cette dame, la cinquantaine, regrette de voir que les filles victimes de ces atrocités soient obligées de flirter avec les gardes de leur bourreau pour survivre. Certaines ont été rendues grosse et abandonnées par certains gardiens de la concession de Joseph Kabila.

« Nous avons beaucoup souffert. Avant qu’ils détruisent les premières maisons le 31 janvier 2016, les militaires étaient déjà dans le quartier depuis 2010 et ont commencé à violer nos filles et nous les mamans. L’une de nous, enceinte de trois mois, a été violée par quatre Gardes républicaines alors qu’elle venait de son champ où elle allait cherché du bois, et elle a avorté. Les Gardes ont couché avec beaucoup de nos filles, souvent mineures et ont laissé beaucoup d’enfants dans notre village et sont partis. Nous craignons que ces enfants, une fois qu’ils auront grandi, ne deviennent des ennemis de la population », regrette Josiane.

Ces mariages disloqués

Le manque d’habitations pour ces victimes des démolitions des maisons est devenu une plaie difficile à panser. Des mariages disloqués, des filles abandonnées…

« Nous sommes des mamans chrétiennes, qui ont reçu le sacrement du mariage : notre vie de mariage ils l’ont abîmée, parce que nous ne vivons plus ensemble. Ils nous ont séparés, ils ont séparé ce que Dieu avait uni. Nos filles aussi souffrent. Même si quelqu’un voulait les fiancer, un autre lui dira : « Vas-tu fiancer une fille qui n’a même pas de maison ? ». Nous avons été méprisées jusqu’au bout », lance avec sanglot Josiane.

Olive Lembe, une mère qui fait souffrir ?

Elle demande à Olive Lembe, d’avoir un cœur d’une mère.

« Vraiment, cette maman nous a fait beaucoup souffrir, nous a causé une blessure au cœur qui continue à saigner et à s’infecter. Nous ne pouvons même plus nous appeler des mamans, nous sommes méprisables : quand on vit chez autrui dans une unique chambre avec les enfants… Si elle retourne à un cœur compatissant, elle comprendra devant Jésus ce qu’elle a fait. Qu’elle fasse rentrer chacun chez soi, qu’elle rende à chacun ses droits. Nous ne demandons rien d’autre », conclue-t-elle dans une interview disponible sur le site de la nouvelle Dynamique de la société civile, une organisation qui accompagne ces victimes depuis les premières démolitions.

Nous luttons pour des générations futures

Pour rappel, certaines personnes tentent de diviser les victimes de démolitions de maisons à Mbobero.

Pour le comité des vraies victimes, ils resteront debout pour qu’ils rentrent dans leur droit.

« Même si nous mourrons sans voir nos droits reconnus, l’histoire reste pour nos enfants et les enfants de nos enfants. C’est pourquoi je dis : ne nous abandonnez pas dans nos souffrances : aujourd’hui c’est nous, demain ce sera l’histoire des autres », Joseph Zahinda.

Depuis Bukavu

Gaspard B.