+243 859 360 592 info@deboutrdc.net
DDH et JournalistePolitique

Manifester pour la libération précoce de Mr. Vital Kamerhe : fruit de la raison ou d’une manipulation politique des perdants par les gagnants ?

290views

Après l’arrestation de Vital Kamerhe pour raison d’enquêtes, des manifestations se déroulent dans certaines villes de l’Est de la RDC, spécialement à Bukavu et Goma.  L’objectif de ces manifestations c’est la libération pure et simple de Vital Kamerhe. Plusieurs analystes se posent la question de savoir pourquoi manipuler des jeunes pour demander la libération d’une personne qui a des pépins avec la justice et qui jouit de la présomption d’innocence ?

Pour certains observateurs, depuis que Kamerhe est dans le sillage politique, l’Est de la République Democratique du Congo, et spécialement la Province du Sud-Kivu n’a rien bénéficié de son positionnement. La récente preuve vivante en est que le programme des 100 était un échec total au Sud-Kivu après son lancement par deux haut cadres de son parti, l’Union pour la Nation Congolaise. Une des questions qui restent non-répondue est « est-ce rationnel pour une autorité de ne pas se donner pour le bien de ses compatriotes pendant que ces derniers font tout pour obtenir sa libération ?»

Selon un rapport du collectif Amka Congo, il ressort que, sur un total de 317 km de routes retenus pour être réhabilitées au Sud-Kivu, seuls 70,6 km l’ont été, soit un taux d’exécution de 22,27 %.  Dans le même rapport, la province du Sud-Kivu devrait bénéficier d’une cagnotte d’environ 17 Millions des Dollars Américains pour un total de 21 projets repartis en 8 grands domaines.

« Seuls trois ponts sont réhabilités sur les sept ponts retenus, soit un taux de réalisation de 42, 8%. Aucune activité réalisée pour les logements sociaux, 0% d’exécution dans la construction des barrages hydroélectriques, de même pour l’agriculture, pêche, éducation et emploi », note le rapport.

AMKA-Congo dénonce, par ailleurs, la mauvaise qualité des travaux réalisés par manque de suivi, d’évaluation et d’une communication suffisante. Cette situation explique le fait que certaines routes sont devenues impraticables, quelques semaines seulement après leur réhabilitation.

Face à ce tableau sombre, certains habitants de Bukavu ne comprennent pas comment leur élu peut-être accuser de détourner de l’argent qui servirait à la réhabilitation des routes.

« Depuis 2006 moi je vote pour Kamerhe. En 2018 aussi je l’ai voté. S’il a vraiment volé cet argent, c’est une déception pour moi », regrette un vieux rencontré dans la ville de Bukavu.Pour les plus jeunes, Kamerhe depuis qu’il est aux affaires, il n’a rien fait pour ses électeurs.

« Kamerhe est un type très malin. Depuis qu’il est en politique aucune œuvre sociale à l’intention de ses électeurs. Aucune école moderne, pas d’hôpitaux, même la route pour aller à son village natal à Walungu est dans un état   de délabrement. Lors des élections il va revenir et nous flouer. S’il a volé moi je suis pour qu’on l’incarcère s’il est innocent qu’on le libère », estime l’un de ses électeurs qui a préféré garder l’anonymat.,

Pour certains jeunes de Goma, les manifestations qui ont eu lieu dans leur ville n’avaient pas raison d’être. Pour eux, on doit laisser la justice faire son travail.

« Vous nous avez gâché la journée pour rien et paralysé les activités à cause de votre fanatisme des irresponsables. Vous avez détruit nos petites routes à Goma construite dans la douleur à l’époque du gouverneur Julien Paluku. Nous vous disons de laisser à la justice de faire son travail. L’argent que Kamerhe aurait volé il a-t-il été partagé avec vos membres de famille ? Il a facilité la construction de combien de mètres de route ou des ravins chez lui à Bukavu ? Lorsque qu’il donné 30 vaches comme cadeau de mariage à la fille de Kabarebe où étiez-vous ? », autant de questions que ces jeunes se posent dans une lettre ouverte qui fait la une des réseaux sociaux.

 

Au sud Kivu voisin, les jeunes de l’UNC ne démotivent pas. Ils promettent de continuer les manifestations pour exiger la libération de leur leader.

« Nous vous informons que nous n’abandonnerons pas la rue aussi longtemps que notre président ne sera pas libéré », font-ils savoir dans un document manuscrit signé respectivement par Fidèle Mugisho de la Jeunesse Urbaine de Bukavu et Eric Mutembezi de l’inter fédération des jeunes UNC Sud-Kivu.

En cette période de trouble politique et sanitaire, les forces en présence devraient mettre un peu d’eau dans leur vin, précise une source proche de l’opposition au Sud-Kivu.

Pour cet analyste, « nous avons tous voulu un Etat de droit, encourageons la justice à bien faire son travail en disant le droit et rien que le droit car « personne et alors personne n’est au-dessus de la loi ». Ce serait un bon départ sachant que tout silence de la justice face à d’autres présumés détourneurs, corrompus et corrupteurs du régime Tshisekedi et ceux du régime Kabila confirmera l’hypothèse d’une présumée politisation de la justice congolaise contre les éléments gênants du système et blanchirait Mr. Vital Kamerhe parmi la majorité des congolais sans penchant politique.

« Un leader doit être modèle. Si notre frère a mis son nez dans des dossiers sales alors la population doit s’assumer » conclue notre.

Léon N.

Depuis Kampala