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RDC : Ce que vous ignorez sur les masques en tissus

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Depuis Lundi 13 Avril 2020, le port des masques est obligatoire pour tous les habitants de la ville de Bukavu et ceux de l’intérieur. Dans la ville de Bukavu, la mesure semble avoir été respectée. On voit les masques de tout genre, fabriqués par n’importe quel matériel.

Des questions que d’aucuns se posent rentrent dans le sens de vouloir connaître si masques sont efficaces pour lutter contre le coronavirus ou bien ils sont bons pour les meuniers.

Sont-ils fabriqués selon une méthode approuvée par les spécialistes ? Autant de questions qui nécessitent des éclaircissements.

Selon Who, le site officiel d’informations sur le covid-19, l’OMS ne dispose pas encore d’informations sur l’efficacité des masques en tissus.

« Bien que d’autres types d’écrans soient fréquemment utilisés à la place des masques médicaux standard (par exemple des masques en tissu, des écharpes, des masques en papier, des chiffons noués derrière la tête), on ne dispose pas de suffisamment d’informations concernant leur efficacité ».

Ce canal d’informations de l’OMS propose d’utiliser une seule fois ces masques ou carrément les laver chaque fois après usages.

« Si l’on utilise ces autres écrans, il ne faut les utiliser qu’une fois ou, s’il s’agit de masques en tissu, les laver soigneusement après chaque utilisation (c’est à dire les laver avec un détergent ménager habituel à température normale) ».

Pour le Docteur Pascal Astagneau, médecin infectiologue à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, les masques doivent être testés : « on ne peut pas faire tout et n’importe quoi. C’est une fausse protection », précise ce médecin à nos confrères de France Inter.

L’OMS affirme que “le masque n’est efficace que s’il est associé à un lavage des mains fréquent avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon”. Ensuite, le masque doit “recouvrir le nez et la bouche et veillez à l’ajuster au mieux sur votre visage”, écrit l’OMS.

A Bukavu, aucun dispositif de lave mains n’est disponible. Les autorités se contentent d’imposer le port des masques oubliant d’autres ingrédients de lutte contre cette maladie.

Dans la ville de Bukavu, des ateliers de couture travaillent jour et nuit pour satisfaire une demande inlassablement à la hausse.

Ces masques faits des tissus de tout genre et pourtant le polyester est le mieux indiqué selon le Docteur Habold, spécialiste en santé publique de Paris.

Pour lui, il convient que les masques en tissu « soient réalisés avec les bons tissus filtrants et qu’ensuite les modes de lavage correspondent à une désinfection efficace ». Le coton est par exemple trop poreux et il faut des tissus polyesters spécifiques, aux mailles suffisamment serrées pour ne pas laisser passer les virus.

A Bukavu, il faut porter les masques quelques soient la qualité.

La Rédaction de deboutrdc a tenté, sans succès, d’entrer en contact avec l’Hôpital Général pour savoir les conséquences de porter ces genres de masques toute la journée sur un soleil de plomb. Les médecins rencontrés se réservent de tout commentaire.

Pour certains habitants de la ville de Bukavu, ces masques leur font mal à la tête et d’autres se sentent étouffés.

« Nous ne savons pas pourquoi devons-nous continuer à porter ce genre de choses qui nous embrouillent. A mon poste, je porte ce cache-nez jusqu’au soir mais vraiment c’est très compliqué puisque la tête me fait trop mal. Sous un soleil accablant je suis contraint de porter le masque tout en transpirant dedans. La tête trouble ; parfois le souffle me manque. S’il faut que pour cela je sois arrêté ; j’assume. Mais je ne veux plus porter le cache-nez.’’ témoigne une policière rencontrée dans la ville de Bukavu.

Cette réaction serait, selon le constat de la Rédaction, à la base du fait que les habitants se contentent à avoir le masque sur leur front, dans leur gorge, dans leurs mains et parfois sur la tête.

Dans sa communication lors de prise de la mesure portant port obligatoire des masques, le Gouverneur Théo Ngwabidje avait clairement dit « … ceux qui ne vont pas respecter cette mesure seront interpellés par la police et les services de sécurité… ».

En effet, avoir avec un matériel semblable au masque est devenu juste une façon de se mettre à l’abri de ces éléments de la police prêts à tout pour exiger des amendes à toute personne qui enfreint cette mesure et non pour se protéger.