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Sud-Kivu: Formation à distance, l’UNICEF se fait avoir

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Le 15 Avril passé, le Gouverneur du Sud-Kivu Theo Kasi, a annoncé le début d’une formation à distance ; une première sur toute l’entendue de la République. Depuis ce temps, certains leaders haussent le ton et demandent au gouverneur de repenser cette méthode qui est inopportune et inadaptée au Sud-Kivu.

Certains habitants regrettent de voir que leurs autorités prennent des décisions, juste pour s’attirer des financements alors que la faisabilité est quasi difficile.

« Cette déclaration est discriminatoire et sans impact aux élèves et écoliers du Sud-Kivu. Son annulation est une urgence. Les sud-kivutiens sont-ils victimes de décisions intempestives et impopulaires ? » s’interroge Emmanuel Ndimwiza, militant de la LUCHA.

Pour le numéro un de la province du Sud-Kivu, cette stratégie c’est pour appuyer sa vision de voir les élèves continuer à suivre les cours malgré le confinement du au Coronavirus.

« Subsidiairement à la suspension momentanée des activités scolaires suite à l’Etat d’urgence décrété par le Président de la République en vue d’éviter la propagation de la pandémie de Covid-19 qui menace le monde entier, j’étais dans l’obligation de matérialiser ma vision de voir les élèves, bien qu’étant confinés à la maison, puissent continuer de suivre les cours à distance afin de pérenniser les acquis et l’élan scolaire. J’exhorte ainsi les parents d’élèves à surveiller et pousser nos enfants à suivre ces cours selon le programme qui sera publié par la coordination technique provinciale de l’éducation », explique Théo Ngwabidje.

Cette décision vient s’ajouter à d’autres chapelets des bonnes intentions du gouverneur du Sud-Kivu selon Emanuel.

Pour lui, la formation à distance a des préalables. Il cite la permanence du courant électrique, les moyens financiers pour l’achat des postes récepteurs et des piles, rendre disponible les tablettes et la connexion internet, bref il faut un investissement sérieux et un programme bien réfléchi.

Pour d’autres observateurs, l’UNICEF a été roulée dans la farine car la province n’a pas la possibilité de rendre effective cette méthode. Si elle y tient, alors certains enfants seront exclus, ce qui viole la constitution qui garantit l’accès à l’éducation de base à tout enfant congolais.

Pour l’UNICEF, c’est possible. Cette agence Onusienne spécialisée dans la protection de l’enfant affirme qu’elle est prête à accompagner les autorités provinciales pour matérialiser ce projet.

« Pour nous UNICEF, l’éducation fait partie des secteurs prioritaires que nous appuyons, et la situation du Covid-19 aujourd’hui ne peut pas nous amener à laisser nos enfants à côté. C’est pour ça que nous sommes là pour appuyer cette initiative pour le développement de l’enseignement à distance. L’ambition c’est d’aller au-delà pour que tous les enfants de la province puissent avoir un accès à l’éducation à distance » ; explique-t-il.

Le député Amani Kamanda, rapporteur de l’Assemble provinciale du Sud-Kivu n’est pas d’accord avec cette idée selon nos confrères d’election-net.com qui l’on contacté.

Pour lui, le Sud-Kivu a 8 territoires et chaque territoire a sa spécificité. Il regrette de voir que la décision d’intégrer la formation à distance dans la stratégie de formation dénote d’une certaine légèreté et manque d’études sur terrain.