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DDH et Journaliste

LUCHA-RDC : Clovis Mutsuva, arrêté plus de 50 fois mais reste débout (récit)

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Clovis Mutsuva est militant du mouvement pro-démocratie Lucha, Lutte pour le Changement, un mouvement crée en RDC depuis le 1ér mai 2012. Il rejoint ce mouvement en 2014. Licencié en droit, Clovis, rêve d’un Congo grand où les Congolais se sentiront libre et considéré. Pour lui la jeunesse congolaise ne doit pas être distraite car elle est le présent et l’avenir de la RDC.

Clovis, un militant de la première heure

Comme tout jeune congolais, Clovis a vécu la guerre. Il a vu ses compatriotes, ses amis tués d’autres emportés à des lieux inconnus. Face à des kidnappings, à des assassinats, Clovis a décidé de s’engager.

« Ma révolte de monte de plusieurs années », précise-t-il, et  d’ajouter « déjà en 6ème primaire, notre maître avait maltraité un collègue. J’étais fou de rage. J’ai mobilisé toute la classe pour accuser cet enseignant chez le directeur ».

Durant plusieurs années, il  récent de la révolte s’il voit des gens être maltraités souvent pour rien.

« Ce qui m’avait encore révolté c’est quand des hommes armés avaient kidnappé le docteur Mukongoma qui était numéro un de l’hôpital général de référence d’OICHA à 15 kilomètres de Beni et père à un ami. Dans la même période, 3 prêtres de la paroisse Notre dame des pauvres avaient été pris en otage et amenés à une destination inconnue. Nous étions tous impuissants face à cette tragédie », se rappelle-t-il

Plus des années passent, plus sa révolte grandie suite aux  déplacements et aux massacres  des populations sous l’œil impuissant des autorités.

« Comment rester indifférent face aux massacres de Mukoko, des Ngadi où 50 civils furent massacrés et d’autres coins de la province du Nord Kivu et de toute la RDC ? Il fallait agir », se rappelle-t-l d’un air rassurant.

Nous devenons ce que nous pensons disait Clément Stone. Dans sa quête de révolution, Clovis va entrer en contact avec la LUCHA en en 2014.

« Très convaincu par l’idéologie du mouvement j’avais décidé d’adhérer au mouvement en toute indépendance », nous renseigne-t-il.

A la LUCHA !!

Désormais membre de la LUCHA, Clovis va coorganiser des manifestations, sera arrêté, souvent échappe de justesse à l’assassinat, mais l’homme est resté égale à lui-même malgré ces fracas de la vie de militant.

Clovis et ses camarades militants ont participé à des manifestations anti-Kabila (bye bye Kabila) en 2018, formés des jeunes à l’auto-défense au stade de Beni Kalinda dans la commune Mulekera et d’autres actions citoyennes visant la paix à Beni et dans d’autres coins de la RDC.

Il sera accusé de démoraliser les troupes aux fronts et, est passé à la barre. Pendant les audiences le ministère public va requérir 10 ans de prison ferme contre Clovis et ses camarades. Le juge avec ses collègues vont juger non fondée les infractions portées à leurs charges. Ils seront libérés.

Face à ces différents moments où il a été arrêté, malmené, Clovis a gardé tête haute.

« Rien ne peut se faire sans l’espoir et la confiance. Le temps m’a appris à garder l’espoir, mais à ne jamais lui accorder une confiance excessive », écrit-il sur sa page facebook.

Chassé de l’Université

En 2017 il se fait élire comme président des étudiant de l’Université Officielle de Semuliki U.O.S. Ici il va gagner la confiance des étudiants, il sera renvoyé pour motif d’avoir mobiliser les étudiants pour soutenir l’arrêté du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire Steven Mbikayi.

« Le ministre avait signé un rareté qui stipule que les frais académiques doivent être payés en francs congolais et au taux de 920 FC. J’ai mobilisé mes camarades, dommages les autorités académiques qui étaient contre cette décision vont me faire partir de l’Université », se rappelle-t-il.

Clovis va finir ses études à l’Université de l’Avenir du Congo UAC Beni où il va obtenir son diplôme de licence dans faculté du droit. Il défend son mémoire de licence en date du 18 décembre 2020.

Clovis une proie difficile ?

En RDC, les hommes politiques rodent autour des jeunes militants pour leurs proposer argent, postes où autres avantages.

Clovis a aussi été victime de ces genres des stratégies des hommes politiques

« Je reçois souvent des appels des hommes politiques qui me proposent du travail ou des faveurs en termes d’argents mais je refuse. Ces gens ne donnent rien pour rien. D’ailleurs en 2018 j’avais accepté perdre un poste pour sauver ma lutte et celle de mes camarades de lutte », affirme Clovis.

Pas des stratégies, pas de lutte

Fais moi 6 heures pour abattre un éléphant, je prendrais 5 heures pour peaufiner les stratégies et une heure pour l’abattre“, disait un acteur des cinémas.

Clovis et ses camarades ont compris que toute lutte requiert des stratégies.

Pour arriver à leur objectifs, Clovis et ses collègues organisent des manifestations, font des plaidoyers en faveur des communautés en proie à la guerre et participent à des émissions radios pour sensibiliser les communautés. En plus de ces quelques tactiques, ils impriment des photos de victimes et les affichent à des places publics pour interpeller les autorités et le Monde entier.

Un militant seul contre tous !

Les militants ont toujours été la cible des policiers qui souvent tirent sur eux avec armes létales. Sortir du toit familial pour aller à une marche, c’est comme un coup de poing qu’on assène à une mère qui voit son fils aller se faire tirer dessus.

La mère de Clovis est hypertendue, à chaque fois qu’elle voit son fils cadet aller dans la rue, elle souffre tellement.

« Ma mère n’a jamais été d’accord avec la LUCHA. Pour elle chaque fois qua la LUCHA organise une manifestation, il y a toujours des morts ou des blessés. Ce qui n’est pas vrai. Ce sont nos policiers qui sont mal formés », regrette Clovis.

Mon rêve, un nouveau Congo est possible

Clovis veut voir un Congo nouveau où les autorités prendront correctement leurs responsabilités dans la non-violence.

« Je rêve d’un Congo où les autorités aiment le pays qu’elles dirigent, en faisant cesser le détournement, la corruption, l’injustice et la tolérance des anti-valeurs », rêve Clovis.

Ces hommes qui m’inspirent 

Clovis aime lire le livre sur Thomas Sangara qui est parmi les grands révolutionnaires du monde et surtout de l’Afrique. Il fût président de la Haute Volta  (actuel Burkina-Faso), assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso par son prédécesseur Blaise Compaoré qui a été condamné le mercredi 06 avril 2022  à une peine à perpétuité.

« Je suis inspiré par Sangara. Un homme d’État anti impérialiste, révolutionnaire, socialiste, pan-africaniste et tier-modiste. Gandi et Luc Nkulula me passionnent aussi. »

Clovis, voulait être un militaire mais sa maman avait refusé arguant que les militaires congolais ne sont pas professionnels.

« Il n’y a pas de Congo sans Beni, nous méritons une même sécurité comme celle de la résidence du président de la république. Le Congo est grand et exige de nous de la grandeur », sont les deux citations phares de Clovis.

Il aime la couleur blanche, symbolise de la paix et les chansons de révolution qui lui remontent le moral en plus du football, la boxe et le Karaté qui occupent ses temps libres.

« Chers jeunes congolais si on ne fait rien aujourd’hui, ce pays on va nous le prendre. Nous devons agir pour éviter qu’un jour on soit réfugié dans notre propre pays. Nous devons soutenir les FARDC bien que ses rangs soient infiltrés. La jeunesse est un espoir d’hier, aujourd’hui et de demain donc elle ne doit pas être distraite”, conclu Clovis.

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Par Delphin Kayilanda depuis BENI

 

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