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Sud-Kivu : Ce mensonge du ministre de l’agriculture qui fâche (commerçants)

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Après la déclaration des cas de la maladie à coronavirus dans la ville de Bukavu province du Sud-Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo, le gouverneur Théo Ngwabidje Kasi a pris un certain nombre de mesures pour protéger la population et éviter la propagation de cette pandémie.

Outre l’interdiction des rassemblements, des réunions et célébration de plus de 20 personnes dans les milieux publics et en dehors du domicile familial, l’autorité provinciale a également décidé d’isoler la ville de Bukavu du reste des huit territoires du Sud-Kivu et même la fermeture des frontières avec les pays voisins.

Des mesures copiées collées

Toutes ces mesures ont été fortement critiquées par des acteurs sociaux. Parlant principalement de la mesure portant isolement de la ville de Bukavu du reste des territoires, des critiques sont allées dans le sens de s’inquiéter sur comment la ville pourra être approvisionnée en denrées de première nécessité.

Ces critiques ont visiblement poussé le gouvernement provincial à adopter des stratégies pour éviter toute pénurie sur le marché. La preuve en est qu’au cours du Conseil des Ministres du 1er Avril, un plan de contingence pour l’autosuffisance alimentaire a été adopté. Après adoption, le conseil des ministres a décidé la création d’un mécanisme d’approvisionnement de la ville de Bukavu en produits agricoles.

Bien qu’on n’en sait rien encore sur le contenu de ce plan et de ce mécanisme d’approvisionnement de la ville de Bukavu en produits alimentaires, la rédaction de deboutrdc.net suit de près l’évolution de la question.

Des dépôts d’aliments imaginaire

En effet après l’isolement de la ville, le ministre provincial de l’agriculture Marcellin Amani Bahaya a fait deux sorties médiatiques. Dans la première, le jeune ministre a résolu d’instaurer la réserve des produits agricoles en provenance des zones de production de Kalehe, Mwenga et dans la plaine de la Ruzizi.

 « le gouvernement va se déployer pour colleter tous les produits de première nécessité à savoir le riz, le mais produits dans les grands bassins afin de mettre des points de vente dans la ville de Bukavu pour que la population puisse se ressourcer. A part cela nous avons pensé cultiver les semences ayant un cycle végétatif court. Avec ma collègue de l’économie nous allons discuter pour faciliter l’accès aux denrées alimentaires à un prix abordable pour tous », a souligné le ministre de l’agriculture.

Et en date de jeudi 2 Avril, Marcellin Amani Bahaya  entame une mission d’inspection des différents marchés de l’intérieur de la province pouvant approvisionner la ville de Bukavu en denrées alimentaires. La tournée commence au marché de Mudaka en territoire de Kabare.

Le ministre renseigne que prochainement son équipe se rendra à Katana, Minova, Bunyakiri, Kitutu et dans la plaine de la Ruzizi pour la même mission.

A cette même occasion, il a sensibilisé les vendeurs et vendeuses du marché de Mudaka sur le respect des normes d’hygiène et celles prises par le gouvernement central et provincial pour lutter contre le coronavirus.

La mise en application de ces mesures est tant attendue par la population au point que chaque acte posé est suivi à la loupe.

Le premier acte qui définit un mensonge du gouvernement

Dans la matinée de de jeudi 16 Avril, le bateau Chasi accoste dans les installations portuaires de Bukavu. Le Ministre de l’agriculture s’y rend et quelques minutes après, c’est la Cellule de Communication du gouvernorat de province qui publie un article.

« … le Gouverneur Théo NGWABIDJE KASI, qui a juré de gouverner autrement est très attaché à sa population surtout en cette période de la pandémie COVID-19. Il n’est pas resté indiffèrent face à l’approvisionnement alimentaire, suite à l’isolément de la ville de Bukavu et la fermeture des frontières. Il vient ainsi de trouver une solution palliative aux différents problèmes alimentaires avec cette première cargaison des vivres qui vient d’arriver à Bukavu… », écrit Jordan Muke pour la cellule de communication du gouvernorat.

Et interrogé par Radio Okapi, le Ministre lui-même Marcellin Amani Bahaya affirme que le gouvernement provincial a tout fait pour que cela soit possible «… dans le cadre du plan de contingence dont je vous avais parlé la fois passée, nous avons eu à sensibiliser certaines coopératives qui sont arrivées aujourd’hui par le bateau Chasi et aujourd’hui nous venons de recevoir ces vivres… », affirme-t-il.

Le gouvernement n’a pas de marchandises dans le bateau Chasi

Des propos plutôt rejetés par les opérateurs économiques et marchands propriétaires de ces marchandises en provenance de Minova. Ils affirment que l’arrivée du bateau Chasi rentre dans les trafics réguliers qui sont effectués.

« moi je n’ai rien vu depuis que je suis à Minova. Je suis arrivé à Moto en provenance de Minova depuis jeudi 16 Avril et je n’ai rien vu de la part du gouvernement. Au fait j’ai vu le ministre au petit matin. C’est parce que nous étions en train de revendiquer que l’on nous amène dans le même bateau que nos marchandises. Malheureusement il a refusé disant qu’il ne faut pas bafouer la mesure interdisant le rassemblement de plus de 20 personnes. En tout cas, tous les colis nous appartiennent et nous allons les vendre selon ce que nous voulons. C’a n’a rien à voir avec le gouvernement. Si le Ministre a trompé que ce sont les biens du gouvernement, je suis désolé mais toutes ces marchandises nous appartiennent à moins qu’il y ait un autre bateau Chasi », témoigne un des commerçants et propriétaires des marchandises en provenance de Minova.

Par ailleurs, la quantité des marchandises crée de polémiques pour plus d’un habitant de la province. En effet, il s’agit de 45 tonnes de nourritures. Mais pour quel nombre d’habitants au Sud-Kivu ? 45 tonnes pour plus d’1 millions d’habitants de Bukavu et faire du bruit dans les médias ? Faudrait-t-il un peu plus de sérieux à la tête des institutions provinciales ? Le Gouverneur de province devrait-il rappeler son jeune ministre « chargé de la nourriture » à l’ordre dans sa communication ? Autant d’interrogations qui méritent des éclaircissements.

Entre temps, plusieurs langues se déchaînent parlant des mensonges organisés pour vendre du vent à la population.

Contacté  sur son numéro whatsapp,  sur le lieu où ses produits venus de Kalehe sont stockés, le ministre a préféré ne pas nous répondre.

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