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Jean Moro Tubibu un acteur de la société civile
Jean Moro Tubibu un acteur de la société civile
Politique

RDC : une série des désertions au sein des FARDC, voici ce que pense Jean Moro Tubibu

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Depuis un certain moment, en République Démocratique du Congo, il s’observe une vague des désertions de la part des officiers généraux des FARDC qui quittent l’armée loyale pour rejoindre leurs frères qui orchestrent des groupes armés sur le sol congolais, surtout dans la partie Est.

Cette sorte d’apostasie observée, inquiète plus d’un citoyen et suscite déjà la peur dans le chef de la population. Certains parlent d’une guerre en gestation, d’autres estiment que ce sont des manœuvres des politiciens assoiffés de pouvoir en mal de positionnement. Plusieurs rapports dans ce sens révèlent des infiltrations étrangères sans que l’autorité ne prenne la situation en main. Une complicité ou réserve ?

Face à cette situation, Deboutrdc est allé à la rencontre de Jean Moro Tubibu, un doyen de la société civile, défenseur des droits humains et animateur au sein du Groupe Jérémie, pour  éclairer l’opinion publique.

Debout RDC : Monsieur Jean Moro Tubibu bonjour !

Jean Moro Tubibu : Bonjour monsieur le journaliste !

Debout RDC : Quelle analyse faites-vous de ces mouvements inhabituels qui s’observent ce dernier temps ? comment se fait-il qu’il ait certains éléments des FARDC qui rejoignent les groupes armées à l’Est de la RDC au détriment de forces loyales ?

Jean Moro Tubibu : oui ! Ce sont des faits que l’on constate et ce sont des éléments malheureusement qui se disent Banyamulenge qui quittent l’armée régulière pour aller rejoindre les groupes armées, le Ngumino, le Makanika et les autres qui sont là. Ça fait mal dans une armée régulière même au sein de la population ça crée une psychose, une inquiétude. Si on considère un peu le contexte tout à fait politique, nous trouvons que c’est une histoire de chantage, il y a les pêcheurs en non trouble aussi bien du côté de FARDC, que du côté des groupes armés de Banyamulenge,    mais nous devons dire dès le départ que les groupes armés ces sont des hors la loi et que quand vous quittez une armée régulière vous allez vers les hors la loi, vous êtes condamnables.

Debout RDC : Et quelle attitude devraient prendre les institutions de l’Etat face à cette situation ?

Jean Moro Tubibu : Il n’y a pas à négocier là-dessus. On devait les combattre jusqu’à la fin et si on les attrapait, dans d’autres pays qui se respectent, c’est la cours martiale, ça veut dire vous passez sous les armes. C’est dommage qu’ici chez nous, on tolère à cause d’un certain contexte géopolitique, et si je dis que c’est du chantage, parce qu’il y’a un pêcheur en non trouble qui a trouvé qu’on supprime le département ou le ministère de la décentralisation qui était attribué à un notable Munyamulenge, et c’est comme ça qu’on veut effrayer les autres pour dire, si vous ne voulez pas nous accorder certains postes, nous allons rejoindre les groupes armés. Et là nous pensons que nos institutions vont cette fois-ci rester sereines, qu’on puisse juger sérieusement tous ces  éléments-là selon la loi, et je crois que c’est ce qu’il nous faut pour ce moment.

Debout RDC : Quelles sont les conséquences si parmi les éléments des FARDC qui sont censés sécuriser la population et leur biens, il y a ceux qui abandonnent l’armée loyale pour rejoindre les groupes rebelles ?

Jean Moro Tubibu : ça s’appelle la désertion, quand vous désertez une armée, quand on  attrape les déserteurs, ils sont punis selon le règlement militaire et selon la loi militaire, mais nous le savons, vous passez devant la cours martiale et ici dans notre pays c’est comme s’il y a pas de sanction sévère dans notre armée et c’est ça la faiblesse de nos institutions. L’armée est faible par ces propres dirigeants, dans cette armée, on a ramassé les gens qu’on a mis là-bas, pourtant ne connaissent pas la loi, ils sont seulement dans l’armée et occupent des postes à partir du bout de leur fusil.

Debout RDC : Vous, en tant que défenseur des droits humains, qu’est-ce que vous proposerez pour que la RDC ait une armée consciente et forte ?

Jean Moro Tubibu : ça prend du temps et de la volonté pour former une armée régulière. Tous ceux-là qui viennent de groupes rebelles et veulent intégrer l’armée régulière, qu’ils passent d’abord dans les académies militaires. Nous en avons beaucoup en RDC, nous disons qu’ils aillent là-bas pour être formés puisque notre pays dispose d’un budget pour encadrer une armée qui est sérieuse. Au lieu d’entretenir des petits groupes armées en dehors de l’armée loyale, qu’on puisse les amener tous. Deuxième proposition, les politiciens doivent cesser avec des jeux qu’ils sont en train de jouer  pour le moment. Certains occupent des postes importants dans le gouvernement pendant qu’ils entretiennent simultanément des groupes armés et là ça fait mal à la patrie.

Debout RDC : Quel message à la population qui semble-t-il serait trahie et ne sait plus à quel saint se vouer ?

Jean Moro Tubibu : le grand message à la population c’est de se désolidariser de ces groupes armés, d’empêcher leurs fils, leurs enfants, nos compatriotes à rejoindre les groupes armés parce qu’il y’a aucun issu pour les groupes armés. Ils ne pourront jamais gouverner, ils ne pourront jamais construire des écoles, ils ne pourront jamais construire les hôpitaux, ils ne font que piller, violer, tuer, ça ne sert à rien de solidariser avec eux. J’appelle la population à les dénoncer, à aider l’armée nationale à les combattre. Le message également, c’est de dire aux parents, à la population de demander à leurs enfants de quitter les groupes armés.

Debout RDC : Monsieur Jean Moro Tubibu, nous vous remercions !

Jean Moro Tubibu : C’est nous qui vous remercions monsieur le journaliste.

Par Bernardin Matabaro

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