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Politique

BENI : Delphin Mbusa, la voix des victimes de guerre !

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Delphin Mbusa, est un jeune candidat à la députation provinciale n° 198, territoire de Béni, province du Nord Kivu à l’Est de la RDC. Cet ancien journaliste de profession, veut continuer la lutte à l’assemblée provinciale du Nord-Kivu. Né et grandi dans ce coin de la RDC, théâtre de plusieurs massacres des populations, Delphin, veut être la voix de ces victimes oubliés, ces anonymes tués et enterrés loin des leurs.

Agé de 25 ans actuellement, Delphin a lui-même été victime des atrocités commises par des rebelles dans son territoire. Il est convaincu que personne ne peut véritablement défendre les problèmes des victimes de guerre sans avoir été elle-même témoin. Fort de son expérience en tant que journaliste, Delphin est déterminé à porter la voix des victimes de guerre et à œuvrer pour la justice et la réparation. Nous l’avons rencontré pour savoir ses motivations profondes de faire de la politique.

Delphin Mbusa Kayilanda, bonjour ?

Oui bonjour Mr le journaliste !

Deboutrdc.net : Qui est Delphin Kayilanda ?

De mon vrai nom, Je suis Delphin Mbusa Kayilanda, né le 02 juin 1998 dans le village de Vusereghenye, localité de Muthebdero, groupement d’Isale Bulambo en chefferie de Bashu, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu.

Je suis le fils de  Katembo Kahuluma David et  Masika Sohamavu Marie. J’ai grandi avec une vision de devenir prêtre et déjà à l’âge de douze ans je rejoins le groupe vocationnel des aspirants prêtres. Après 10 ans d’expériences dans le métier de journalisme, en fin j’ai décidé d’embrasser la carrière politique en  me portant candidat à la députation provinciale, territoire de Béni.

Parlez nous en peu de mots de votre parcours en journalisme ?  

A l’âge de 16 ans, je débute ma formation en journalisme à la radio communautaire Bashu en groupement d’Isale Bulambo. En 2017 je suis parti m’installer en ville où j’ai travaillé pendant 6 mois. Au cours la même période, j’ai été recruté dans la cellule de communication de la PNC  au commissariat de Kasindi Lubiririha.

A part travailler dans les chaînes radio, j’ai travaillé également dans différents médias en ligne dont Congo Rico de Béni, Okapinews de Kinshasa, et Debout RDC de Bukavu. Comme journaliste défenseur des droits humains, je m’étais focalisé sur la réalisation des reportages de sensibilisations communautaires. Après l’instauration de l’État de siège dans ma province, j’avais réfléchi de nouveau  comment sensibiliser la population sur le rôle du retour de la paix dans la zone Est du pays.

Qu’est-ce qu’on peut retenir de ton parcours académique ?

J’ai obtenu mon diplôme d’Etat à l’âge de 19 ans à l’Institut Semuliki dans la chefferie des Bashu. J’avais commencé mes études universitaire à l’Université Francophone de Grand-Lacs, avant d’aller à l’université du Pic Marguerite, UPM Béni. J’obtiens ma licence en sciences agronomiques et de développement dans la filière du développement communautaire et durable avec  mention distinction.

 Avez-vous fait d’autres formations supplémentaires ?

Des formations les plus pertinentes sont celles des techniques de vérification des fausses informations avec l’appui de la MONUSCO ensemble avec l’organisation Congo Check. La deuxième formation est de l’ONG Réseau des Médias pour le Développement, REMED, sur les pratiques familiales essentielles et allaitement maternel. La troisième formation est celle de la lutte contre le virus d’Ebola et la COVID 19 avec Search For Comoun Ground « SFCG ».

Vous êtes candidat aux élections de décembre 2023, dans quel parti politique ?

Mon parti politique c’est l’Alliance des Congolais Progressistes (ACP) avec comme autorité morale Gentiny Ngobila  Mpaka, actuel gouverneur de Kinshasa. Un parti qui est de la majorité présidentielle et membre de l’Union Sacrée de la Nation avec comme candidat à la présidence Felix Antoine Tshisekedi.

Pourquoi avoir postulé ?

J’ai préféré postuler cette année parce que j’ai compris que ça vaut la peine d’être maintenant parlementaire de la population qui a longtemps souffert. J’ai été un avocat sans toge, donc un défenseur des droits humains et je suis animé par ce même esprit de plaider pour les opprimés. Je suis convaincu qu’il est temps de changer la donne, et surtout que c’est pendant la jeunesse que nous pouvons servir bien ce pays.

Du journalisme à la politique, pourquoi ?

Dans le journalisme j’ai travaillé beaucoup pour servir de voix des sans voix. J’ai interrogé les hommes et les femmes oublié(e)s par les « grands médias ». Je peux citer comme par exemple : les forgerons, les fabricants de braseros, les pygmées, les enfants de la rue, les déplacés de guerres, les orphelins, les prisonniers, les quados,… Cependant, j’ai quitté la presse pour aller maintenant défendre l’intérêt  général des personnes vulnérables souvent oubliées par les parlementaires congolais.

Pensez-vous arriver là où les autres ont échoué ?

Oui, je veux dénoncer la corruption parce que je la déteste depuis ma naissance. Je veux parler au nom des femmes victimes du  viol  des guerres à l’Est. Donc je resterai coupable si je ne contribue pas pour mettre fin aux guerres dans le Nord-Kivu. Je parle au nom de cet enfant orphelin, de la femme devenue veuve, du prisonnier qui vit sans espoir de revoir le lendemain, de l’handicapé victime de la guerre, des déplacés internes. J’ai accepté être ce porteur des cris de détresses de mes compatriotes en ce territoire de Beni. Je suis moi-même victime de la guerre, donc personne ne peut me contraindre de ne pas défendre mes frères et sœurs.

Une fois au pouvoir, quel sont les grands problèmes à résoudre en premier lieu ?

Je compte travailler sur la question de développement en demandant au gouvernement provincial de soutenir les organisations de développement dans différents coins de la province. Les organisations regorgent des hommes et femmes soucieux du développement, ils ont toutes les capacités sauf celle de mobiliser les ressources pour qu’ils  arrivent à leur finalité. Je vais aussi travailler sur la question de la prise en charge des orphelins des massacres et celle des ex otages des ADF. Plaider pour ces femmes engrossées par des rebelles et souvent délaissées par leurs familles. Leur réinsertion socio économique et la reconstruction du tissu social est une priorité pour moi.

Quel est votre slogan ou devise ?

Mon slogan est « ensemble vers  une  prospérité partagée ».

Pouvez-vous, quelle est la priorité des priorités que vous aller considérer une fois élu?

La sécurité est la priorité. Il est difficile de penser au développement sans sécurité.

Comment pensez-vous changer la donne ?

Pour restaurer la paix en RDC, voici quelques pistes des solutions, d’abord  il faut connaître les causes, car dit- on, mieux on connait la cause d’une maladie, mieux cette maladie est traitée. Je présume que travailler sur  le système de défense doit être revu et amélioré, le rendre capable de dissuader l’ennemi et répondre d’une manière efficace à toute agression. C’est la règle générale et une priorité des priorités. On doit former une armée digne, professionnelle fondée sur le patriotisme et l’entretenir de façon continuelle.

Est-ce que cela suffirait pour que les choses changent ?

Non parce qu’on doit aussi revoir le système politique, adopté un système politique responsable qui vise réellement le bien être (droits, défense et sécurité) du peuple congolais, dans le partage équitable des ressources du pays. Nombreuses rébellions naissent aujourd’hui parce que certaines gens s’approprient seules les richesses de ce pays. Les jeunes qui sont sans emplois sont flexibles et fragiles à adhérer dans les rangs des rebelles pour espérer gagner un peu d’argent. Je pense que bannir les antivaleurs et prôner le développement dans tout le secteur sur toute l’étendue de la République permettra de sauver ce pays.

Quelle est votre stratégie de regrouper les électeurs au tour de votre campagne ?

J’ai une équipe des jeunes sur terrain dans différents coins du territoire. Ces jeunes soucieux du développement font une sensibilisation en parlant de ma vision. Je n’ai pas l’argent à distribuer, mais je pense que mon peuple n’en manque pas. C’est la paix qui nous manque pour jouir de nos richesses. Au cœur de ma stratégie, la vérité. En effet, ma stratégie c’est dire la vérité et rien que la vérité partout où je passe. Alors que j’ai été à leur service dans le monde de média pendant longtemps, toutes les personnes qui sont reconnaissantes de mon leadership à Beni, soutiennent ma candidature.

  D’où vous est venue l’idée de postuler ?

J’ai été parlementaire depuis les bas âges, à l’école primaire je défendais les gens et mes amis m’avaient dès lors surnommé « avocat sans toge ». Pour d’autres, j’étais une voix de sans voix. Alors l’idée est venue de là, du regret de voir certaines questions importantes restées dans les oubliettes. J’ai proposé  le projet sur l’entrepreneuriat des prisonniers afin de mettre fin à la disette qui les conduit à la mort, mais personne n’a donné une réponse favorable. J’ai conçu un projet sur la prise en charge des ex otages des ADF qui deviennent fous et folles après le retour dans leurs familles ! J’ai été un héros hibou pour ma communauté.

Que veut dire pour vous un héros hibou ?

J’étais un héros hibou pour dire que j’ai été celui qui  faisait ses actions sous cachette, j’ai été chef du contentieux chez Nouvel Élan de Adophe Muzito pendant trois ans. J’ai quitté pour aller chez Alliance des Congolais Progressistes ACP parce que Gentiny Ngobila Mpaka c’est un homme qui m’a marqué par sa politique de travailler.

Pensez-vous que les élections vont bien se passer  dans votre ville en conflit de guerre ?

Les élections peuvent se passer mais pas bien à cent pourcent, parque les rebelles continuent à tuer nos populations. Les autres sont contraints d’abandonner leurs villages pour chercher refuges ailleurs. Je voudrais personnellement la délocalisation de certains centres de vote pour que les paisibles citoyens votent sans inquiétude. La sécurité à l’Est n’est toujours pas stable, malgré les efforts du gouvernement. Voter c’est une priorité parce que c’est par les élections que nous aurons un changement. Le chef de l’État a été trompé par ses acolytes y compris nos parlementaires qui doivent être changés.

 Un message pour les habitants de Beni ?

J’invite la population du territoire de Béni à compter sur ma candidature et considérer mon souci de devenir un parlementaire du peuple reconnu par l’État. Alors je dirai à haute voix  ce que certains ont dit à basse voix. Je regrette aujourd’hui les églises qui se donnent au commerce politique, au lieu de renforcer la mémoire des croyants.

Pour finir, quel est votre dernier mot ?

J’aime la couleur blanche parce que c’est le symbole de la paix, la couleur noire pour prouver mon amour envers l’Afrique mon continent. J’aime beaucoup la lecture, la nourriture que je préfère est les bananes et haricots, je n’aime pas le mensonge, l’hypocrisie. J’aime les chansons religieuses à caractère d’adoration. Sur mon profil, j’écris souvent « miséricorde » parce que seule la miséricorde de Dieu nous sauvera pour entrer dans son royaume.

Delphin Mbusa Kayilanda, DEBOUTRDC vous remercie

C’est moi qui le remercie de plus !

Elie CIRHUZA

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