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samedi, septembre 25, 2021
DDH et Journaliste

Sud-Kivu : Le commissaire à la justice a-t-il les biceps pour redresser ce secteur?

Une nouvelle équipe gouvernementale a été mise en place par le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi, le samedi 21 août 2021. Composée de 10 ministres, 3 commissaires généraux et 3 membres du secrétariat exécutif, d’aucuns estiment que ces nouveaux acteurs du gouvernement Ngwabidje 2, seront heurtés à plusieurs défis.

Par exemple, le commissaire général en charge de la justice, Droits humains, Fonction publique, Travail et Prévoyance sociale, Byabagabo Kubabana bya Gahuma, qui désormais, prendra la relève de l’ancien ministère de la justice, suscite des doutes dans le chef de la population et des organisations de défenses des droits humains. Plus d’un analyste s’interroge sur les résultats que produirait ce commissaire, vu le bilan de son prédécesseur.

Selon certains activistes des droits humains, les milieux carcéraux sont devenus un passage de la vie à la mort.  Les conditions de vie sont précaires, les détenus y entrent sans espérer le retour. Seuls les plus forts survivent parce qu’ils imposent leurs lois à travers des actes de tortures et autres traitements inhumains.

Les prisons devenues des mouroirs

Chaque année, on compte des cas des morts dans la prison centrale de Bukavu, comme dans les huit territoires de la province du Sud-Kivu. Ceci suite à plusieurs défis qui restent à relever pour assurer une bonne condition de vie aux détenus.

Pour l’année 2019, 45 détenus ont perdu la vie dans la prison centrale de Bukavu suite au manque des médicaments et cela au vu et au su des autorités. Cette situation a poussé le personnel soignant à déclencher une grève. Mais cela n’a pas empêché d’autres cas pareils se produire dans les territoires notamment Kabare, à Kalehe, à Uvira, etc, mais aussi dans la ville durant l’année 2020.

« Dommage, la vérité est qu’on enregistre toujours des multiples cas des décès suite au manque de nourriture et médicaments à la base de malnutrition et d’autres maladies, en plus des nombreux cas des prévenus préventifs dans nos prisons en très mauvais état, et d’autres graves violations des droits humains liées aux conditions carcérales qui laissent à désirer, sans qu’on ait un interlocuteur valable au ministère censé suivre et proposer des pistes de solutions à tous ces problèmes; en commençant par le numéro un (ministre lui-même) jusqu’au huissier »,  a déclaré l’organisation de défense des droits humains Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI).

La malnutrition des détenus, un chemin qui mène vers la mort

Au moins la moitié  des détenus en province du Sud-Kivu souffre de malnutrition. Certains des prisonniers, plus particulièrement ceux des territoires, s’évanouirent après avoir passé un long moment sans manger.

Selon des structures citoyennes locales, des prisons à travers la province du Sud-Kivu, peinent pour recevoir une dotation de la part du gouvernement centrale que provinciale. Ce manque de nourriture serait à la base de la détérioration des conditions de vie des prisonniers, estiment certains défenseurs des droits humains.

Des mauvaises conditions des vies, des détenus se sauvent

Les évasions dans des prisons sont enregistrées en  province. Selon le constat fait, malgré la présence des éléments de l’ordre, certains détenus choisissent la mort plutôt que de passer le restant de leur vie en prison.

Vers la fin d’année 2020, des dizaines de prisonniers se sont évadés dans la prison de Kalehe, pendant que des habitants du milieu manifestaient devant la prison contre le meurtre d’un habitant par un policier détenu dans cette maison carcérale.

A en croire un rapport de l’enquête menée par la Caritas Bukavu et l’organisation Partenariat pour la protection intégrée (PPI), d’aucuns estiment que les évasions dans des prisons seraient causé également par une torture à outrance, suivie d’autres actes de traitements cruels, à l’endroit de certains détenus.

Byabagabo Kubabana bya Gahuma, sera-t-il à la hauteur ?

Juste après la publication de la liste des membres du nouveau gouvernement Ngwabidje, des organisations de défenses des droits humains ont exprimé leur indignation suite à la suppression du ministère de la justice. Certaines de ces organisations ont même indiqué l’inaction des animateurs sortants dudit ministère face à leurs revendications. Mais elles ont précisé que cela n’était pas une raison valable pour sa suppression.

Une question reste sans réponse, celle de savoir, est-ce un commissaire des warriors pour faire mieux qu’un ministère ?

PPI estime que le numéro un de province, Théo Ngwbidje Kasi, a été induit en erreur en supprimant ce ministère. Il ajoute que le gouverneur devrait seulement revoir le choix des animateurs de cette institution pour permettre son bon fonctionnement.

« Pour PPI, malgré qu’on a jamais tiré grand-chose de ce ministère depuis la lutte des organisations de défense des droits humains qui ont milité pour sa restauration, le Gouverneur Théo Ngwabidje ne devrait pas le supprimer car le problème longtemps décrié résulte dans le choix de ses animateurs, en dépit des problèmes réels de droit de l’homme et de justice qui se posent sans que personne de ce ministère n’y comprenne grand-chose », peut-on lire dans une déclaration de PPI.

Il sied de noter que des ministres nouvellement  nommés dans le gouvernement Ngwabidje 2, ont procédé à la remise et reprise ce vendredi 26 août 2021.

Par Bernardin Matabaro

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