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DDH et Journaliste

SUD-KIVU/Miti : clôture d’instruction dans l’affaire de trois DDH de Miti contre leur chef de groupement Cirimwami Kwigomba devant le Tribunal de Grande Instance de Kavumu.

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Huit mois ont suffi pour clôturer l’instruction dans l’affaire qui oppose trois défenseurs des droits humains de Miti à leur chef de Groupement Cirimwami Kwigomba Mambe devant le Tribunal de Grande Instance de Kavumu. Au cours de l’audience du lundi 03 mai 2021, un élément sonore considéré comme preuve des menaces de mort proférées par Cirimwami Kwigomba Mambe à ces défenseurs des droits humains a été auditionné et traduit par un interprète.

Dès l’ouverture de l’audience, un élément sonore produit par les citants au motif qu’il fait preuve d’un message considéré comme menace prononcé par le prévenu en mashi, une langue locale du milieu, a été auditionné, en présence d’un interprète.

Invité à comparaitre pour expliquer au tribunal le sens du message transmis en mashi, l’interprète a indiqué que le message fait clairement état d’une personne qui devrait être tuée par la personne qui prenait des décisions quant à ce, mais est-il qu’elle ne s’est pas présentée, et moins encore citée directement la personne envers qui on planifie comment mettre fin à sa vie.

Accordant la parole à l’un des citants pour expliquer en quoi le message prononcé constitue une menace contre lui, celui-ci a indiqué que les menaces n’étaient plus à démontrer car, des messages écrits, vocaux et même des menaces publiques, comme c’était le cas par rapport à celle présentée en audio. « Il est clair que le prévenu veut à tout prix porter atteinte à ma vie et celle de mes collègues », a répondu Emmanuel Fungulo, l’un des citants et président de la société civile de Miti.

Il ajoute qu’étant membre de la société civile, ayant fait des dénonciations de la mauvaise gestion du groupement de Miti et le détournement des fonds destinés au développement de cette entité par le prévenu en sa qualité de chef de groupement, celui-ci les considère désormais comme ennemis et c’est ce qui est à la base de toutes les menaces qu’il subit et ses collègues, jusqu’à leur faire torturer.

Quant au prévenu qui n’a pas nié sa voix, il a indiqué que les prétendues menaces évoquées par les citants n’en étaient pas le cas, mais par contre il s’agissait d’un cas d’un bandit qui a longtemps terrorisé la population de Miti et pour qui les dispositions étaient en train d’être prises pour mettre fin à ses actions de criminalité.

Après avoir entendu toutes les parties en rapport avec cette infraction de menace d’attentat contre la personne, le tribunal s’est dit suffisamment éclairé quant aux faits et a renvoyé l’affaire au 24 Mai 2021 pour la plaidoirie de deux parties.

Pour rappel, ce procès oppose depuis plusieurs mois trois DDH de Miti contre leur chef de groupement Cirimwami Kwigomba Mambe. Ce dernier est poursuivi pour torture, coups et blessures volontaires, association des malfaiteurs et menaces d’attentat contre la personne, faits qu’il aurait commis en date du 17 Juin 2020, alors que ces DDH observaient un sit-in devant son bureau à Miti, réclamant sa déchéance pour mauvaise gestion du groupement et le détournement d’une somme de l’ordre de plus de 11Milles dollars destinés au développement de cette entité.

Par Hortense Zabona

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