+243 859 360 592 info@deboutrdc.net
Insécurité

RDC: Larmes aux yeux, une fille de Beni écrit à Tshisekedi

525views

La guerre qui ravage le Nord-Kivu et l’Ituri ne laisse rien sur son passage. En plus de milieux des personnes tuées, les rebelles incendient les cases, les champs et les marchandises. Dans ce contexte, une veuve qui se bat pour nourrir et scolariser ses enfants a tout perdu dans un incendie des marchandises survenue sur la route routier Bunia-Kisangani vers LOLWA. Sa fille Kavira, écrit une lettre au président de la République que deboutrdc vous propose l’intégralité.

Lettre ouverte au président de la République Démocratique du Congo.

Monsieur le Chef de l’état, je vous transcris ces paroles sur le papier de ma tristesse et avec l’encre de mon indignation pour vous faire parvenir mon cri de détresse.  Les cris de lamentation d’une jeune femme ambitieuse et pleine d’énergie mais dont le destin vient d’être détourné suite aux actes barbares qui caractérisent l’insécurité grandissante et persistante dans la région de Beni-Ituri.

Je ne suis pas la seule personne affectée par les atrocités de Beni-Ituri, je ne suis qu’une victime de plus aux côtés des milliers des personnes déjà affaiblies et détruites par cette guerre.

Mon cas n’est pas non plus spécial, mais je vous prie monsieur le Président de me lire attentivement car ces lignes vous transmises renferment la douleur de toute une génération qui traverse la situation similaire.

Orpheline de père depuis le bas âge, je n’ai eu que ma mère pour m’élever.  Membre d’une famille nombreuse, ma mère a sauté sur chaque opportunité de travail qui se présentait en vue d’assurer un avenir meilleur à ses enfants.

De l’agriculture à l’élevage passant par des petites activités de commerce, j’ai vu ma mère prendre des risques énormes pour garantir notre lendemain.  Rien n’a été facile pour elle, c’est d’ailleurs le cas pour plusieurs femmes de Beni qui élèvent leurs enfants seules tout en étant confrontées à une situation sécuritaire toujours volatile.

Sans se soucier des dangers, ma mère à grimper sur des camions, emprunter des routes peu sécurisées au risque d’être victime d’une embuscade et tout cela pour nous nourrir, nous scolariser et faire de nous des personnes utiles à la société.

Après plusieurs Cascades, ma mère a pu réunir une Somme importante pour pouvoir s’installer dans un petit village situé à 51 kilomètres de Bunia, route Bunia-Kisangani.

Là au moins elle pouvait se ravitailler à Bunia et revendre au village espérant gagner un peu plus pour subvenir à nos besoins.

Pendant qu’on pensait pouvoir se stabiliser un peu, voilà que la plus mauvaise nouvelle vient de s’abattre,

Toute la marchandise que ma mère a achetée viens d’être incendié à bord d’un camion lors d’une embuscade tendue à plus de huit véhicules sur le tronçon routier Bunia-Kisangani vers LOLWA.

Tout notre espoir s’est écroulé au même moment que cet incident.

Nous à Beni désespérés et meurtris, ma mère elle se trouve à plus de 300 kilomètres de nous, abattue et incapable de nous rejoindre suite à la dégradation de la situation sécuritaire sur la route Bunia-Beni.

Elle n’a plus rien, ma chère mère.  Et nous non plus.

Mes frères ne reverront peut-être plus le banc de l’école, et moi je devrais déjà oublié mon rêve d’être graduée cette année…

La désolation a pris place dans nos vies et tout à sombrer !

Qu’est-ce que nous allons devenir sans ressources ni revenus, devrions- nous commencer à voler ou à se prostituer ?  Non non non, ce n’était pas ça le rêve de ma mère, ni le mien…

Monsieur le président, je ne saurai vous exprimer avec tous les détails possibles, la complexité de ma situation actuelle.

Comprenez juste que l’impasse dans lequel je suis est le quotidien des milliers des jeunes filles et garçons de Beni qui ont vu leurs rêves piétinés suite à cette guerre qui n’a que trop duré.

Avec plus de dix mille personnes tuées, des milliers d’enfants orphelins, des milliers des personnes déplacées, des centaines des villages incendiés, sans compter les centaines des véhicules qui ont péri avec plusieurs capitaux, les dégâts de cette guerre sont énormes et nous affectent quotidiennement.

Nous sommes fatigués à être appauvri, fatigués à enterrer nos proches en se demandant qui serait le prochain sur la liste…

Nous avons marre de rêver, de bosser dur pour matérialiser nos rêves, puis finir les mains vides, déchirés par les fléaux de la guerre.

Monsieur le Président, que feriez- vous à ma place ?  Que feriez- vous si votre mère, l’unique qui puisse subvenir à vos besoins, perdaient tous ses capitaux durement acquis et sans espoir d’être indemnisé ou voir son bourreau puni ?

Moi à votre place, si j’étais comme vous, président de ce pays, je concentrerai tous les efforts possible pour mettre fin une bonne fois pour toutes à cette aventure des groupes armés qui n’a que plongé le peuple congolais dans la honte et la vulnérabilité.

Monsieur le Président, vous remerciant pour le temps et l’attention que vous porterez à cette lettre, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments sincères et respectueux.

Pour Kavira Muhongya étudiante de l’uos, G3 économie

Adresse :  Beni, Nord-Kivu RDC

Numéro : +243 976 275 859

 

Leave a Response