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Photo d'illustration_militaire de la GR en RDC
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Justice

RDC : Vers un Mbobero 2

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Après la famille Kabila, c’est la famille Tshisekedi qui s’illustrerait dans l’acquisition d’une concession litigieuse en territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. Pendant le règne de Joseph Kabila, des unités de la Garde Républicaine (GR) ont été placés dans la concession de Mbobero, causant des violations de droits humains qualifiées par la société civile de crimes contre l’humanité. Sur la colline de Murhala, un peu plus au Nord dans le même territoire, des exactions similaires sont décriées par la société civile locale. Elles sont attribuées aux militaires de la GR qui y ont été placés « illégalement » sous la « bénédiction implicite» de la famille présidentielle actuelle et des autorités provinciales.

Alors que le dossier Mbobero fait toujours couler encre et salive, c’est le dossier Murhala qui vient attirer l’attention de la société civile.

La société civile locale monte au créneau

Membres de la société civile et des mouvements citoyens des groupements de Bugorhe et Irhambi/Katana lisant la déclaration_26 avril 2023_©deboutrdc.net
Membres de la société civile et de mouvements citoyens des groupements de Bugorhe et Irhambi/Katana lisant la déclaration_26 avril 2023_ photo ©deboutrdc.net

Le 26 avril 2023, les faitières de la société civile et mouvements citoyens des groupements de Bugorhe et d’Irhambi/Katana dans le territoire de Kabare ont dénoncé des graves violations de droits de l’Homme commises par les militaires de la Garde Républicaine « illégalement » déployés sur la colline Murhala.

En effet, la colline de Murhala, une concession de 12 hectares, est disputée entre Messieurs Buhendwa Bwa Mpama Melchior et Damien Ntambuka. Dans des déclarations faites par le DDH Maître Pascal Mupenda devant la presse au début du mois d’avril, il a été révélé que la justice s’était déjà prononcée en faveur de Buhendwa Bwa Mpama Melchior. Les mêmes déclarations avaient alerté sur l’influence des autorités provinciales aux côtés de Damien Ntambuka.

Le Gouverneur du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi et son directeur de cabinet, le Prof Jean Claude Mubalama, sont cités comme s’étant immiscés dans cette affaire pour faciliter la vente de cette concession par Ntambuka à la première dame de la RDC, Denise Nyakeru.

A Bukavu comme A Kabare, les acteurs de la société civile indiquent que Christophe Nyakeru, frère de la première dame, jouerait au commissionnaire afin que sa sœur achète Murhala. Il aurait, dès lors, collaboré avec un colonel de la Garde Républicaine pour que des « militaires présidentiels » y soient commis.

« Fort malheureusement, après investigation, la civile et les mouvements citoyens qui alertent constatent non sans regret que ces militaires sont déployés dans cette concession par monsieur Damien Ntambuka, en collaboration avec le Gouverneur de Province Théo Ngwabidje Kasi et son Directeur de cabinet Professeur Jean-Claude Mubalama ainsi que monsieur Christophe Nyakeru petit-frère de Denise Nyakeru et un certain colonel Jules commandant des militaires de la garde républicaine en province, et ce, dans l’objectif de vouloir vendre cette concession d’autrui à la première dame, Denise Nyakeru », fait savoir la déclaration.

Signée par sept représentants des structures et mouvements citoyens de Kabare, la déclaration déplore que ces militaires de la GR empêchent injustement monsieur Buhendwa Bwa Mpama Melchior de jouir de sa concession et, par ricochet, les « milliers » des familles qui vivaient des activités champêtres qu’elles y effectuaient.

Comme à Mbobero, le pire pourrait arriver à Murhala

La société civile et les mouvements citoyens des groupements de Bugorhe et Irhambi/Katana exigent le retrait pur et simple des  militaires de la GR commis à la colline de Murhala. Ils promettent de procéder à une série d’actions citoyennes de grande envergure jusqu’au retrait définitif et sans conditions du dernier militaire sur cette colline, « même au prix du sang » car, disent-ils, trop c’est trop.

A Mbobero, quatre morts et plusieurs dizaines de cas de viols sur mineurs et même sur des vieilles femmes étaient déjà comptés de 2016 à décembre 2020 et attribués aux militaires de la garde républicaine y placés.

Le dernier cas de meurtre est celui de Patrick Irenge Kafarire, 35 ans et père de quatre enfants, abattu le 06 décembre 2020, alors qu’il tentait de défendre une femme molestée par un élément de la garde républicaine affectés à la surveillance de cette propriété litigieuse dite de Joseph Kabila à Mborero.

Le 24 juin 2020, plus de 3.500 personnes victimes de démolitions des maisons et spoliations de terres à Mbobero avait déposé plainte contre le Président honoraire Joseph Kabila Kabange pour destruction méchante, pillage, tortures et crime contre l’humanité. Cette plainte était déposée à la cour de cassation de Kinshasa/Gombe et une autre copie au parquet près le tribunal de grande instance de Kavumu au Sud-Kivu.

Les violations commises à Murhala

Les signataires de cette déclaration dénoncent, à titre illustratif, la liste ci-après qu’ils qualifient de graves violations des droits de l’Homme auxquelles se livrent les militaires de la GR installés dans la concession :

  • L’Interdiction d’accès dans cette concession par son propriétaire Buhendwa Bwa Mpama Melchior ainsi qu’à tous ceux qui y cultivaient leurs champs ;
  • La récolte de cultures des paisibles citoyens qui exploitent les champs dans cette concession ;
  • Les tracasseries et rançonnement de la population civile qui mène des activités commerciales au part Kaliba, et particulièrement les femmes petites commerçantes ;
  • Les actes de torture et autres traitement cruels, inhumains et dégradants à l’endroit des membres d’équipage des bateaux, des pirogues, des véhicules et des motos, voire les dockers et vendeurs du sable au port Kaliba ;
  • L’instauration d’une taxe illégale à l’endroit des citoyens qui voyagent à travers le port de Kaliba. Il est regrettable de dire que suite à ces tracasseries, un agent du bateau MV Lac Kivu Express s’est vu amputé son pied par un militaire de la garde républicaine qui a forcé son entrée à bord du bateau pour rançonner un passager qui n’a pas voulu obtempérer au paiement de cette taxe illégale ;
  • Et comme si cela ne suffisait pas, il y a quelques jours les paisibles citoyens ayant des boutiques sur la route sur la route de Kaliba se sont réveillés le matin et ont rencontré leurs boutiques contenant des marchandises, renversées sur la route au motif de n’avoir pas payé auprès de ces militaires les frais de location des parcelles où ils mettent les boutiques.

Les recommandations des acteurs de la société civile

« La société civile et les mouvements citoyens des groupements de Bugorhe et d’Irhambi/Katana implorent la première dame Denise Nyakeru, et par ricochet la famille Tshisekedi, de ne pas se laisser tromper par monsieur Damien Ntambuka et [collaborateurs] qui veulent lui vendre la concession d’autrui ».

Et de poursuivre :

« Demandent au Vice-Premier Ministre et Ministre de la Défense ainsi qu’au Général Kabi en sa qualité de responsable des militaires de la Garde Républicaine en RDC et le Chef d’Etat-major le Général Christian Chiwewe de s’impliquer pour le retrait de leurs militaires avant que le pire n’arrive, sous peine de mettre à leur charge et à la charge de la famille présidentielle toutes les conséquences fâcheuses qui découleraient de cette affaire ».

Depuis avril 2023, lors des premières dénonciations de violation des droits humains et de spoliation de la concession de Murhala, notre rédaction a contacté plusieurs personnes citées par les défenseurs mais sans succès.

Contacté le 06 avril, le Gouverneur de la province du Sud-Kivu ne nous avait pas répondu. Me Kamundala Ntondo, avocat conseil de Damien Ntambuka contacté le 17 avril dernier, nous avait promis se prononcer sur ce dossier dans quelques jours mais jusqu’à présent, il ne l’a toujours pas fait.

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