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RDC : 61 ans après indépendance, est-ce une reforme ou une routine ?

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30 juin 1960 – 30 juin 2021, la République Démocratique du Congo a fêté ses 61 ans d’anniversaire de l’indépendance. En province du Sud-Kivu, des citoyens Congolais considère cette fête  comme une routine à l’exemple de la journée de dimanche. Comme il en est de coutume d’organiser des manifestations en province certaines autorités politico administratives ne font pas revivre cette fête d’obtention de la souveraineté nationale et internationale.

On a observé par-ci par-là dans la rue, des marchés, des restau-bars et même des églises non mouvementées. Est-ce suite à la déclaration du chef de l’Etat interdisant toute manifestation solennelle dans le cadre de la lutte contre la covid-19 ? Ou suite au manque des moyens financiers ?

Selon un constat fait par Deboutrdc, un bon nombre de la population n’a pas intériorisé les 61 ans d’anniversaire de l’indépendance en RDC, car jusque-là, selon eux, il n’y a pas 61 œuvres observées sur presque tous les plans.

Jadis, à en croire plus d’un observateur, à la fête de l’indépendance, des compatriotes congolais manifestaient leur joie sous toutes ses formes. Mais à présent, malgré la présence de la pandémie à covid-19, certains analystes qualifient la population des « dépendants passifs ». Ceci suite à la gouvernance étrangère qui se fait remarquer dans le chef des dirigeants.

Interrogés par votre rédaction, les habitants de Bukavu  ont partagé des avis divergents suite à la manière dont ils perçoivent ces 61 ans d’anniversaire de l’indépendance du Congo.

Certains habitants disent être contrariés de la nouvelle pratique des autorités d’imposer à la population de manière moins favorable de fêter cette journée importante aux yeux des fils et filles de Lumumba.

D’autres ont semblé montrer leur étonnement à ce qu’est devenu le pays pour lequel Patrice Emery Lumumba et ses paires ont donné leurs têtes à couper pour qu’il soit libre et indépendant.

Pour maman Josephine Nabami, une femme âgé d’une soixantaine d’âge rencontrée au niveau de l’institut de Bagira dans la commune qui porte le même nom, depuis 1960 jusqu’à ce jour, elle observe un nombre élevé d’intellectuels, mais aucun changement proportionnel à ce nombre.

« Je suis étonnée de voir que tous les habitants commencent à envoyer leurs enfants à l’école. C’est devenu une habitude, mais on n’a pas trouvé plus de cinq personnes comme Lumumba pouvant concourir à l’intérêt de la population Congolaise. Ce qui est étonnant et de voir que même ceux qui se disent avoir étudié la politique, sont nuls et ne font pas preuve de leur connaissance. Je ne trouve plus l’importance d’envoyer un grand nombre des gens à l’école, » suggère-t-elle en kiswahili, traduit en français.

De son côté, un autre habitant, vendeur des cartes prépayées, rencontré sur le boulevard Patrice Emery Lumumba, en commune d’Ibanda, dit ne pas reconnaître ce qu’on qualifie d’indépendance. Il estime que les gens ne doivent pas souffrir suite à la mégestion et être en train de crier, de défiler et faire la fête dans la ville ; « na koma libre ».

« Tu me racontes des histoires, soit disant fête d’indépendance, qu’est-ce que je vais en faire, que mes enfants meurent de faim tout simplement parce qu’on a célébré vos histoires d’indépendance. Tu penses que les gouvernants ne jouissent pas pleinement avec leurs familles et leurs amis pendant que nous souffrons ? », s’indigne-t-il.

Interrogé, Clement Ntwali, un jeune étudiant rencontré à l’entrée ISDR, en commune de Kadutu, estime  que la fête de l’indépendance est pour lui un moment de méditation, de prise de conscience et une journée de dure labeur afin de trouver une personne comparable à Lumumba demain. Pour lui, après l’indépendance, les gens n’ont plus fourni assez d’efforts de rester indépendant et font recours à la main d’œuvre extérieure comme s’ils étaient incapables.

« Je vais à l’école, car j’ai cours à l’auditoire, je me réjouis qu’on ait un prof visiteur pour qu’on finisse le cours avant car j’ai envie de finir mes études et  me comporter comme les compatriotes de l’indépendance, aussi je compte être Gouverneur de province pour militer à l’amélioration des conditions des vies sociales de la population, » a-t-il déclaré.

Il  sied de noter qu’après 61 ans d’anniversaires de l’indépendance de la RD Congo, plusieurs questions d’ordre politique, économique, sociale et sécuritaire restent en suspens sans réponse favorable. Le chef de l’Etat Félix Tshisekedi et son nouveau gouvernement chapoté par Sama Lukonde, ont promis de mettre toute les batteries en marche afin restaurer l’image de soixante et un ans d’indépendance.

Par Bernardin Murhabazi Matabaro

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