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SUD-KIVU : Mort d’un détenu à la prison de Kalehe, l’ONGDH PPI alerte sur une situation sanitaire catastrophique

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« La prison est une maison commune, prenons soins d’elle, on ne sait jamais… » !

Dans la nuit du 4 au 5 juillet 2022, un détenu de la prison centrale de Kalehe est décédé du choléra. Un mort de trop dans cette prison « mouroir » située à l’Est de la République Démocratique du Congo, dans la province du Sud-Kivu à une soixantaine de Kilomètres de la ville de Bukavu.

Dans un communiqué de presse publié le 06 juillet 2022 par l’organisation Partenariat pour la Protection Intégrée, PPI, une ONG de défense des droits humains, cette prison est abandonnée à elle-même.

D’après les informations recueillies sur place par PPI, ce détenu souffrait du choléra et n’a pas survécu suite au manque des soins appropriés.

Lire aussi : RDC : Des prisons et cachots mouroirs au Sud-Kivu (enquêtes)

Sans médicaments, sans personnel soignant, sans nourriture et sans installations hygiéniques, la prison connait une situation sanitaire catastrophique, exposant les détenus et son personnel.

Rappellons que le 09 juin 2022, les détenus de cette prison, abandonnés, avaient finalement écrit au mouvement citoyen Lutte pour le Changement, LUCHA, pour une assistance en nourriture.

Lire aussi : SUD-KIVU : Affamés, les détenus de la prison de Kalehe écrivent à la LUCHA

Depuis plus d’une année, PPI a lancé la campagne « La prison est une maison commune, prenons-en soin ». Une campagne qui sert à conscientiser les acteurs étatiques ayant dans leurs attributions la gestion des milieux carcéraux en RDC afin de les “humaniser”.

PPI attire encore l’attention de tous et de l’autorité en particulier au fait que, « la prison est une maison commune et mérite d’être soignée correctement. Ceci car nul ne sait à quel moment il peut y être contraint et pour quelle fin. Avant de savoir s’il est coupable ou pas, il y sera déjà de passage… », martèle Maître Pascal Mupenda, Directeur de Programmes RDC à PPI.

En janvier 2021, lors de la publication des résultats de leur rapport de monitoring des conditions carcérales au Sud-Kivu portant sur l’étude des causes réelles de décès et différentes maladies dans la prison centrale de Bukavu et celle de Kabare, PPI et Caritas Development Bukavu avaient fait mention spéciale de cas de torture à outrance suivie d’autres actes de traitement cruels, inhumains et dégradants de toute sorte à l’endroit de certains détenus dans ces maisons carcérales. Des violations entretenues à plus de 90% par le « gouvernement des capitas », qui ne sont que des détenus militaires exerçant un « pouvoir incontestable » sur d’autres détenus à l’intérieur de la prison.

« N’attendez donc plus, l’urgence s’impose pour agir »,

conclut Pascal Mupenda qui demande au gouverneur de la province du Sud-Kivu d’intervenir en toute urgence.

De son côté, Théodore Museme,  conseiller du Commissaire Général en charge de la justice et droits humains et ayant dans ses attributions la gestion des prisons en province, évoque le problème de la “surpopulation des maisons carcérales” qui est à la base de cas de maladies, de la surconsommation alimentaire et toute autre condition difficile dans les prisons.

Alors que le problème est bien connu, la question reste celle de savoir pourquoi ne pas y apporter une solution.

Lire le communiqué de PPI ici

Ahana Bryan

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