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Consolidation de la paix

 Massacre de Goma, état de siège ou état de sang ?

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Le 30 aout 2023 n’a pas été rose pour les habitats de la ville de Goma située à l’Est de la République Démocratique Congo. Des militaires identifiés comme étant de la garde républicaine ont fait incursion dans l’église ‘La foi naturelle Judaïque Messianique vers les Nations ’ (FNJMN)/agano la uwezo wa neno  du pasteur Éphraïm Bisimwa. Ils auraient tués plus de cent fidèles selon la société civile et 43 selon les autorités.

La  société civile du Nord Kivu, affirme que les fidèles de cette église prévoyaient faire une manifestation pacifique pour réclamer le départ de la MONUSCO et de la Force Régionale de la Communauté  des États d’Afrique de l’Est.

Selon un témoin présent à l’église, les militaires sont intervenus dans la matinée vers 3 heures avant même le début de la manifestation.

 « Ils nous ont menacé depuis la nuit pour qu’on quitte l’église, croyant à notre lutte de l’indépendance de l’Afrique, nous avons appelé nos fidèles au calme», précise Bahati, un témoin.

Un autre témoin voisin de l’église d’ajouter :

« Au petit matin on comptait déjà des environs 46 personnes mortes par balle, femme, enfant et homme, plusieurs blessés et arrestations ».

Que vient faire l’armée dans une manifestation pacifique ?

La forte présence des forces armées de la RDC a été signalée dans cette manifestation notamment l’unité des garde républicaine « GR », la force spéciale ainsi que d’autres unités lourdement armées comme l’attestent les images qui circulent sur les réseaux sociaux.

Pour le Gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu Constant NDIMA, les militaires sont intervenus quand ils ont vu un policier tué et son arme ravie.

« C’est le ravissement d’une arme que possédait un policier  et sont  assassinat par les membres de l’église qui nous a poussé à déployer l’armée pour contenir la menace », précise-t-il.

Les acteurs de la société civile et des mouvements citoyens estiment que l’utilisation disproportionnée de la force par les FARDC est un moyen de prouvé que l’Etat de siège à échoué.

« Le déploiement de l’armée par le gouverneur à cette église était une justification pour prouver que sans l’armée il est difficile de faire le contrôle de la ville au cas où il y’ aurait une menace, pour dire que l’état de siège doit être maintenu », regrette un acteur de la société civile.

Après une vive tension à Goma, le porte-parole du gouvernement provincial du Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Guillaume Njike Kaiko, a demandé aux familles qui ont perdu le sien de passer au gouvernorat pour identification

 « Il est demandé aux familles ayant constaté la disparition d’un des leurs après lesdits incidents de passer dans les différents centres hospitaliers qui ont accueilli les victimes blessées ou décédées afin de les identifier et de prendre contact avec la commission qui siège au sein du gouvernorat de la province du Nord-Kivu. »

Des voix s’élèvent

Après ce carnage qui a fait des morts, plusieurs personnalités et organisations ont réagi. Le dernier en date est l’organisation de droit de l’Homme Human Rights Watch

Cette organisation dit avoir a authentifié deux vidéos montrant des soldats congolais d’une unité d’élite jetant des corps à l’arrière d’un camion.

Selon des informations crédibles, la plupart des corps sont conservés à la morgue d’un hôpital militaire, où les membres des familles des victimes se voient refuser l’accès. Outre les victimes parmi les manifestants, un policier a été lapidé à mort, selon les forces de sécurité.

« Les forces militaires congolaises semblent avoir tiré sur la foule pour empêcher une manifestation, une manière extrêmement brutale et illégale de faire respecter une interdiction », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal sur la RD Congo à Human Rights Watch

Tout en signalant la présence d’une délégation des ministres venue de Kinshasa en raison d’enquête, rappelons que le chef de cette église reste toujours entre les mains de services de sécurité et toute activité relative à cet évènement organisée par la population ou les structures citoyenne pour pleurer les morts et réclamer justice, est sérieusement réprimée par les services de sécurités.

Par Hervé Amani

 

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