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Consolidation de la paix

Sud-Kivu : Ngwabidje « champion » dans la spoliation des maisons de l’Etat (société civile)

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Au moins 45 maisons et parcelles  de l’Etat  ont été spoliées par les autorités politico administratives et judiciaires depuis 2012 dans la province du Sud-Kivu à l’Est de la RDC. Selon un communiqué de la société civile, bureau de coordination, ce nombre est à mettre à l’actif de trois gouverneus qui se sont succedés à la tête du Sud-Kivu depuis 2010. Durant son règne, Marcellin Cishambo a spolié 5 maisons, Claude Nyamugabo 10 et Ngwabidje reste « champion « avec 30 maisons spoliées à nos jours peut-on lire dans cette déclaration de 6 pages.

Cette révélation a été faite au cours d’un point de presse tenu au bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu à son siège situé dans la ville de Bukavu en commune d’Ibanda.

Adrien Zawadi président de la société civile du Sud-Kivu constate que les architectes de cette spoliation des biens de l’Etat au sud Kivu sont en majorité les décideurs et des personnes occupant les postes de prise de décisions et bien identifiées.

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Sur sa liste de spoliateurs, Adrien Zawadi n’épargne personne. Il cite certains magistrats des officiers militaires, des gouverneurs, des ministres provinciaux et d’autres services de l’Etat.

Ngwabidje champion dans la spoliation

Selon ce rapport produit par la société civile, les gouverneurs qui se sont succédés ont joué un rôle important dans la spoliation des maisons et parcelles de l’Etat.

«Depuis 2012 à ce jour, 5 maisons ont été spoliées pendant le règne du gouverneur Marcellin Cishambo ; 10 maisons sous Claude Nyamugabo et 30 maisons déjà pendant le règne en cours du gouverneur Theo Ngwabidje », précise Adrien.

Lire aussi: BUKAVU : Quinze maisons de l’Etat en voie de spoliation

En plus de ces maisons Adrien note  qu’il y a une dizaine d’autres maisons et espaces publics sous menaces de spoliations.

« A l’heure de cette conférence ; nous apprenons que près de 17 sont sous menaces de spoliation dans cette même ville de Bukavu ; où allons-nous ? Et où amenons-nous cette province ? C’est illusoire et mensonger de prétendre aimer ce Congo si nous ne pouvons pas aimer d’abord nos territoires ; nos villages ; nos villes et notre chère province », regrette  Adrien Zawadi.

Il demande aux autorités nationales de diligenter une commission d’enquête qui va se pencher sur la spoliation des maisons et parcelles de l’État en province du Sud-Kivu ;

Pour mettre fin à cette « boucherie » des maisons et parcelles de l’Etat, Adrien Zawadi demande à la population de se prendre en charge car, estime-t-il, «  l’avenir des congolais est entre leurs mains ; ils ne doivent pas se laisser manipuler et encore moins se faire acheter ».

Cette adresse à la presse a connu la participation des membres des différentes structures de la société civile ainsi que les professionnels de médias.

Sur le même sujet: SUD-KIVU : Par terre, la province crie à ses notables qui l’enterrent

Coup de projecteur sur les trois gouveneurs cités (consulté dans nos archives)

1. Claude Nyamugabo

Ayant longtemps nourri sa fidélité à Joseph Kabila, Me Nyamugabo est l’un de ses lieutenants à n’avoir pas goûté au chômage pendant le règne de la Majorité Présidentielle, MP, devenue plus tard Front Commun pour le Congo, FCC, coalition au pouvoir sous la houlette de Joseph Kabila.  Ministre plus d’une fois, gouverneur de province ou encore député national, Me Claude Nyamugabo a surfé au haut niveau de la politique congolaise ; et c’est pendant plus d’une décennie.

Gouverneur du Sud-Kivu d’octobre 2017 à mars 2019, Nyamugabo n’a que servi fidèlement les desseins de son patron naturel, le président Joseph Kabila, sans laisser les moindres miettes de délices à sa population.

La plus grande trace de sa gouvernance au Sud-Kivu reste un géant portrait fixé à la place dite Essence, dans la ville de Bukavu, avec la mention « L’homme d’action ».  A cela peut s’ajouter le concept « Nyantederisation » que sa gouvernance a introduit  au lexique bukavien, qui traduit un tel égoïsme qui l’a poussé à bourrer les services de l’Etat, tout comme les services liés au gouvernorat, de personnes issues de son village de Nyantende.

Le Sud-Kivu retiendra que c’est sous Nyamugabo que les travaux de construction du « stade de Bukavu » à Nyantende ont été lancés pour une durée de 24 mois et que 5 ans plus tard, malheureusement, ces travaux sont toujours en cours et loin d’être achevés.

Ministre de l’Environnement et Développement Durable dans le gouvernement Ilunga Ilukamba entre septembre 2019 et avril 2021, « l’homme d’action » sera, peu après, cité dans le rapport de l’Inspection Générale des Finances, IGF,  dans l’affaire d’attribution illégale des concessions forestières.

2. Marcellin Cishambo

Si pendant ses 18 ans de règne Joseph Kabila a eu des hommes de confiance, Marcellin Cishambo en était un. Longtemps conseiller du chef de l’Etat, Marcellin Cishambo s’est souvent distingué par des apparitions intempestives à la télévision, tant lors des matches de l’équipe nationale qu’au cours des défilés officiels.

Plus tard, il sera élu gouverneur de la province, et la suite parle éloquemment d’elle-même.

Jusqu’à présent, aucune œuvre sociale n’immortalise le « chevalier blanc » dans la province dont il a pris les rênes de 2010 à 2017, moins encore dans Walungu, le territoire dont il est natif. Sept ans à la direction de la province, Marcelin Cishambo restera dans la mémoire du sud-kivutien comme le gouverneur aux injures faciles et qui ne s’empêchait pas de monter aux estrades pour s’offrir en spectacle au public dans des soirées dansantes.

Grâce à son caractère impitoyable, Marcelin Cishambo Ruhoya a tenté de redonner d’aération à la ville de Bukavu, en cassant plusieurs immeubles érigés anarchiquement dans l’emprise de la voirie urbaine. Malheureusement, la destruction d’immeubles n’a pas été suivie de la mise en place d’artères modernes, ce qui a débouché plus tard à l’envahissement des espaces autrefois libérés.

Certes, c’est sous le règne de Cishambo que le tronçon allant de la Place de l’indépendance à Panzi a été asphalté. Cette portion de route, déjà émaillée de plusieurs imperfections, fait partie du projet de réhabilitation de la route nationale N°5 allant de Bukavu à Uvira, passant par les escarpements de Ngomo et la cité frontalière de Kamanyola. Alors qu’il était prévu que les travaux de cette route prennent 18 mois, pour relier les deux villes distantes de 122 km, 6 ans après le démarrage, la route n’a été asphaltée que sur une distance d’environ 5km.

Candidat aux élections législatives du 30 décembre 2018, Cishambo n’a pas été élu dans son territoire d’origine.

3. Théo Ngwabidje Kasi

Depuis son avènement à la tête de la province en 2019, Ngwabidje et son gouvernement ont été frappés par quatre motions. Si les trois premières n’ont pas pu bougé le gouverneur surnommé par ses détracteurs “tonton milionnaire”, la quatrième est réputée d’avoir finalement « abattu la bête ».

Examinée et votée le 24 novembre 2022 par 27 députés présents sur un total de 48 que compte l’assemblée provinciale du Sud-Kivu, la quatrième motion de censure  contre le gouvernement dirigé par Ngwabidje est perçue par nombreux comme le coup fatal qui extermine Ngwabidje et son équipe.

Par Anne-Marie  KWINJA

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