+243 859 360 592 info@deboutrdc.net
mercredi, décembre 1, 2021
Culturelle

RDC : Loi Mbau, une nouveauté discriminative, source d’une polémique culturelle

Une proposition de loi du député national Daniel Mbau, modifiant le code de la famille et qui fixera la dot à 500$ pour les milieux urbains et 200$ pour les milieux ruraux en République Démocratique du Congo, sème confusion dans l’entendement de la population Congolaise.  Plus d’un analyste pensent que cette loi risquerait de faire courir à cette institution divine le danger d’être transformée en un business ne respectant pas les conventions culturelles.

Face à cette proposition, des avis sont divergents. D’un côté, certains habitants en province du Sud-Kivu estiment que l’uniformisation de la dot en ville ainsi qu’au village, sous-estime la valeur de la femme dans la société congolaise. Alors que, selon eux, la dot est versée par le fiancé selon son estime, ses moyens et la valeur qu’il  accorde à la fiancée et à sa belle-famille.

D’autres font savoir que la proposition de Daniel Mbau porte atteinte sur les us et coutumes. Ils précisent que la dot a un caractère symbolique et doit être versée par la famille du futur époux en consensus avec la famille de la fiancée au bénéfice de cette dernière tout en respectant les prescrits de la coutume.

Quid de la dot en RDC ?

« Tout mariage conclu, coutumièrement, et qui ne porte pas des confusions, a été conclu sur base d’une dote, remise et reçue par la famille de la fiancée », précise Wakilongo Mulondani, professeur en faculté de sciences sociales, politiques et administratives à l’Université Officielle de Bukavu (UOB),  qui estime que la dot en RDC est stable et bien organisée.

En RD Congo, la dot est une condition sinéquanone pour célébrer un mariage. Elle constitue un symbole d’alliance entre les familles. Au Sud-Kivu, la dot est versée après une discussion entre les deux familles et suivant les normes coutumières.

L’article 361 du code civil congolais livre III dispose que ; « le futur époux et sa famille doivent convenir avec les parents de la future épouse d’une remise de biens ou d’argent qui constituent la dot au bénéfice des parents de la fiancée. Le mariage ne peut être célébré que si la dot a été effectivement versée au moins en partie. Nonobstant toute coutume contraire, la dot peut être symbolique ».

Réguler la dot en RDC, est-il opportun ?

 « Cette loi, je ne la trouve pas opportune. Elle va créer dans le chef des garçons l’idée d’acheter et ça serait chosifier la femme », déclare le professeur Wakilongo Mulondani.

Par ailleurs, notre source indique que le législateur a le pouvoir de réguler la vie des citoyens. Wakilongo souligne que si on optait pour la loi du député nationale Mbau, la dot n’aura plus son caractère symbolique et désormais on parlera « d’acquisition de la femme », un acte qui selon lui, n’est pas  humain.

« S’il arrivait que les législateurs parviennent à voter pour la proposition du député Daniel Mbau, on va alors adopter un autre système que d’ailleurs, est dangereux, un système de monnayage, c’est-à-dire, ce n’est plus une récompense. Ce n’est plus un cadeau symbolique,  ce n’est plus un titre pour avoir sa femme, ça sera un achat et la femme sera acheté au content », renseigne le professeur  Wakilongo.

De son côté, madame Nicole Buyemere, juge inopportune l’idée de réguler la dot.

« Il est vrai que la dote n’est pas un achat, mais l’uniformisation de la dote réduit la volonté du jeune fiancé ayant plus d’estime envers sa belle-famille et qui aimerait bien la remercier  par des dons qu’il juge convenables à son engagement, contrairement à ce que le député veut faire avaler toute une nation », déclare-t-elle avant de renchérir que la valeur même de la jeune épouse serait minimisée par cette loi.

Entre 500$ et 200$, une différence discriminative à l’égard des femmes.

Entre 500 et 200 dollars, une différence qui ne dit pas son nom. Plus d’un analyste estiment que la dot ne dépend nullement de l’endroit où vit la fiancée. Ils parlent même de la discrimination basée sur le genre  dans  la proposition du député Mbau car une congolaise née et vivant au village doit jouir des mêmes droits et considérations humaines que celle de la ville. « La nature ayant tranché », dit-on.

« Peut-être que cette proposition  serait la meilleure si le député aurait fixé soit 200$ partout ou le 500$ en ville comme à la campagne. Parce que personnellement, je ne trouve pas une différence entre une fille de la ville et celle de la campagne. Nous sommes tous congolaises et devons jouir des mêmes droits. Je tiens aussi à préciser qu’au-delà de 200$ et 500$, celle la vie à deux personnes une fois ensemble, est couteuse »,  a déclaré Esther Mbuyi, étudiante à l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu (ISP).

Selon le constat fait, dans la ville de Bukavu, il s’observe un point convergent dans le chef de la population ; « le mariage c’est une question de sentiment, question d’entente entre les deux familles. Tout ce que la famille remets ne doit pas être monnayé ni chiffré en terme des billets de banque de manière inéquitable, surtout comme l’être humain est centre de ce débat».

Par Bernardin Matabaro

Leave a Response

Open chat
Bonjour!
Deboutrdc.net est à votre écoute!
Vous voulez nous contacter? Cliquez juste ce bouton à coté!
× Contactez l'équipe de deboutrdc.net